Le clan de lours des cav.., p.17
Le clan de l'ours des cavernes,
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Elle aussi avait été une grande guérisseuse ; c’était elle qui avait soigné cet homme né chez les Autres, tout comme l’avait fait Iza d’Ayla. Quel dommage que ma sœur n’ait jamais connu cette femme, se dit-il. Il s’arrêta soudain.
— Voilà ! J’ai trouvé ! Je donnerai son nom au bébé, décida-t-il, heureux de son inspiration.
Puis il porta son attention aux cérémonies qui allaient unir Goov et Ovra, ainsi que Droog et Aga. Il pensa d’abord au jeune homme qui était son servant. Il aimait bien Goov pour son calme et son sérieux. L’Aurochs, son totem, devrait être assez puissant pour vaincre celui d’Ovra, le Castor. La jeune femme était courageuse et ferait assurément une bonne compagne. Ses talents de chasseur permettraient à Goov de nourrir convenablement sa famille et une fois mog-ur, la part qui lui serait due compenserait largement l’impossibilité où il se trouverait de chasser.
Serait-il un puissant mog-ur ? se demanda Creb. Il secoua la tête. Il avait de l’affection pour son servant, mais il savait que Goov n’aurait jamais l’habileté dont lui-même faisait preuve. Ce corps infirme qui l’avait empêché de se livrer aux activités dévolues aux hommes, telles la chasse et la paternité, lui avait permis de se consacrer totalement à son art. C’était la raison pour laquelle il était Mog-ur, le plus puissant des sorciers, celui qui guidait les esprits des autres sorciers lors des Rassemblements du Peuple du Clan, au cours d’une cérémonie suivie des mog-ur seuls. La symbiose des esprits qu’il réalisait chaque soir avec les membres du clan ne pouvait se comparer à cette fusion des âmes qui se produisait avec les esprits entraînés des autres sorciers. Il songea au prochain Rassemblement du Clan, qui n’aurait lieu que dans plusieurs années. Les Rassemblements se tenaient tous les sept ans, et le dernier avait eu lieu l’été précédent. Ce sera mon dernier Rassemblement... si je vis jusque-là, réalisa-t-il soudain.
Il reporta son attention à la cérémonie qui unirait Droog et Aga. Droog était un excellent chasseur qui avait eu maintes fois l’occasion de le prouver. Sa réputation d’habile tailleur d’outils n’était plus à faire ; sérieux et paisible comme le fils de sa compagne défunte, il était comme lui placé sous le signe de l’Aurochs. Droog n’éprouverait certainement pas envers Aga la passion d’un jeune homme, mais tous deux se devaient de contracter une nouvelle union. Aga s’était déjà révélée plus féconde que la première compagne de Droog, et la décision de Brun de les unir obéissait à la raison.
Un lapin qui déboula soudain entre leurs jambes arracha Creb et Ayla à leurs pensées. La petite fille en profita pour exprimer tout haut les questions qu’elle s’était posée en chemin.
— Creb, comment le bébé est-il entré dans Iza ? demanda-t-elle.
— La femme avale l’esprit du totem de l’homme, commença Creb machinalement, encore perdu dans ses réflexions. Les deux totems se battent et, si celui de l’homme l’emporte sur celui de la femme, il lui laisse une partie de lui-même pour faire commencer une nouvelle vie.
Ayla jeta des regards autour d’elle, étonnée d’apprendre l’omniprésence des esprits. Elle ne pouvait en voir aucun, mais si Creb disait qu’ils existaient, elle voulait bien le croire.
— Est-ce que les esprits de tous les hommes peuvent pénétrer dans la femme ? demanda-t-elle ensuite.
— Oui, mais seul un esprit puissant peut vaincre l’esprit de la femme. S’il n’y parvient pas, l’homme peut demander l’assistance d’un autre esprit, expliqua prudemment Creb.
— Seules les femmes ont des enfants ? insista Ayla.
— Oui, acquiesça Creb.
— Et il faut une cérémonie pour en avoir ?
— Non, pas toujours, il arrive qu’une femme avale l’esprit de l’homme avant la cérémonie, mais si elle ne prend pas de compagnon avant la naissance de son enfant, le petit risque d’être malheureux toute sa vie.
— Et moi, je pourrais avoir un enfant ? demanda Ayla, pleine d’espoir.
Creb songea alors à l’esprit de son puissant totem. Le principe vital de ce dernier était trop fort. Peut-être avec l’aide d’un autre esprit concéderait-il une défaite momentanée. Mais elle découvrira cela bien assez tôt, songea-t-il.
— Tu es encore trop jeune, répondit-il évasivement.
— Quand alors ?
— Quand tu seras une femme.
— Et quand serai-je une femme ?
Creb commençait à croire qu’elle n’arrêterait jamais ses questions et, prenant son courage à deux mains, il se lança dans une grande explication.
— La première fois que ton esprit se battra avec un autre esprit, tu vas saigner, preuve qu’il a été blessé. Après cela, il combattra régulièrement avec d’autres esprits, et le jour où tu ne saigneras plus, tu sauras qu’il aura été vaincu et qu’une nouvelle vie est en train de germer en toi.
— Mais quand exactement serai-je une femme ? insista Ayla.
— En principe, lorsque tu auras parcouru huit ou neuf fois le cycle complet des saisons, répondit Creb.
— Dans combien de temps, alors ?
— Approche, je vais essayer de t’expliquer, lui dit avec patience le vieux sorcier en poussant un soupir.
Il sortit d’un pli de son manteau un couteau de silex, doutant que la fillette puisse comprendre mais espérant que sa démonstration mettrait enfin un terme au flot de questions.
Les nombres étaient une abstraction difficile pour les membres du clan dont la plupart ne pouvaient penser au-delà de trois ; toi, moi et un autre. Ce n’était pas un défaut d’intelligence. Ainsi, Brun s’apercevait immédiatement de l’absence de l’un des vingt-deux membres du clan. Il lui suffisait de penser à chaque individu, ce qu’il faisait rapidement, sans même s’en apercevoir. Mais passer de l’individu au concept de « un » représentait un effort considérable que bien peu étaient capables de fournir. Comment deux personnes différentes pouvaient-elles être « une » à un moment donné, voilà qui dépassait largement leur entendement.
L’incapacité du Peuple du Clan à concevoir la synthèse ou l’abstraction s’étendait à d’autres aspects de leur vie. Ils connaissaient le chêne, le saule, le sapin, mais ne possédaient pas de termes génériques pour les désigner : le mot « arbre » était absent de leur vocabulaire. Chaque type de sol, de roche, mêmes les différentes sortes de neige avaient un nom. Les membres du Peuple du Clan s’en remettaient à la richesse de leur mémoire et à leur capacité de l’enrichir encore, car ils n’oubliaient presque rien. Aussi dépendaient-ils de leur sorcier pour garder la trace de ce qui devait être compté : les années entre les Rassemblements, l’âge de chacun d’eux, la période d’isolement requise après une union et les sept premiers jours de la vie d’un nouveau-né. C’était dans sa capacité à mesurer le temps que résidait l’un des pouvoirs magiques les plus importants du mog-ur.
Creb ramassa une petite branche, s’assit et cala la badine entre son pied et une grosse pierre.
— Iza pense que tu es un peu plus âgée que Vorn, commença-t-il. Vorn a déjà passé l’année de sa naissance, l’année où il a appris à marcher, et celle où il a été sevré, expliqua Creb en faisant au fur et à mesure une entaille dans la branchette. Je vais ajouter une autre marque pour représenter l’âge que toi tu as aujourd’hui. Si je place mes doigts dans chaque entaille, toute ma main les recouvre, vois-tu ?
Ayla considéra avec une extrême attention l’ensemble des marques du couteau et tout à coup son visage s’éclaira.
— J’ai donc autant d’années que tout ça ! s’exclama-t-elle, en lui montrant sa main, les cinq doigts écartés. Mais dans combien de temps pourrai-je avoir un bébé ? ajouta-t-elle, plus intéressée par ce sujet que par le calcul.
Creb était stupéfait. Comment avait-elle pu comprendre si vite ? Elle n’avait même pas pris la peine de l’interroger sur le rapport existant entre les doigts et les entailles et sur leur relation avec les années. Goov avait mis très longtemps avant de comprendre tout cela. Creb incisa encore trois fois la petite branche et posa trois doigts sur les marques. Ayla regarda alors son autre main et leva aussitôt trois doigts, après avoir replié sans hésiter le pouce et l’index.
— Quand j’aurai tout ça ? demanda-t-elle en levant ses huit doigts. Creb acquiesça, mais ce que fit ensuite la fillette le laissa ébahi ; il lui avait fallu des années pour maîtriser cette abstraction. Ayla abaissa l’une de ses mains et ne tendit que trois doigts.
— Alors, je pourrai avoir un bébé dans ça d’années, conclut-elle par gestes avec une grande assurance, convaincue de la justesse de son raisonnement.
Le vieux sorcier était abasourdi. Il était inconcevable qu’une enfant de son âge fût capable d’une telle promptitude de déduction.
— Oui, c’est possible, bien qu’un peu tôt. Il se pourrait que ce soit encore dans tout ça, répondit Creb en faisant deux entailles supplémentaires dans son morceau de bois. Ou bien dans beaucoup plus, ajouta-t-il. On ne peut savoir à l’avance.
Ayla, l’air perplexe, leva le pouce et l’index.
— Et après ça ? demanda-t-elle.
Creb la considéra avec suspicion. Ils s’aventuraient sur un terrain glissant et Brun verrait d’un mauvais œil la petite fille s’initier à des domaines réservés aux seuls mog-ur et, plus grave encore, exercer d’aussi grands pouvoirs magiques. Mais Ayla avait piqué la curiosité du sorcier, impatient de voir jusqu’où iraient ses capacités de compréhension.
— Mets tes deux mains sur toutes les marques, lui expliqua-t-il. (Ayla lui obéit, puis Creb traça une autre marque sur laquelle il mit son petit doigt.) Tu vois, dit-il, j’ai mis mon petit doigt sur cette marque-là. Après la première série couverte par tes deux mains, tu dois penser au premier doigt de la main de quelqu’un d’autre, puis au doigt suivant et ainsi de suite. Tu comprends ? demanda-t-il en la regardant attentivement.
La petite fille ne cilla pas. Elle considéra ses mains puis celles de Creb et fit la grimace particulière avec laquelle elle manifestait sa joie, en hochant vigoureusement la tête. Et, à la stupeur du sorcier, elle franchit une nouvelle étape avec une aisance déconcertante.
— Et ensuite les mains de quelqu’un d’autre, et encore de quelqu’un d’autre, n’est-ce pas ? demanda-t-elle.
C’était plus que ne pouvait imaginer Creb, qui avait le plus grand mal à compter jusqu’à vingt. Au-delà, les nombres se perdaient dans une infinité vague qu’il nommait « beaucoup ». Il avait en de rares occasions et après une longue méditation eu le sentiment d’entrevoir une bribe de ce concept qu’Ayla venait de maîtriser sans la moindre difficulté. Prenant soudain conscience de l’abîme qui séparait son esprit de celui d’Ayla, il chercha à dissimuler son trouble en faisant diversion.
— Dis-moi comment s’appelle ceci ? lui demanda-t-il en brandissant la branchette qu’il avait utilisée pour sa démonstration.
— Saule, répondit-elle avec une légère hésitation.
— Très bien, dit Creb en la prenant par les épaules et en la regardant droit dans les yeux. Ayla, il vaudrait mieux que tu ne parles à personne de tout ce que je viens de t’apprendre, ajouta-t-il en lui montrant les entailles.
— Oui, Creb, lui promit-elle, consciente de l’importance que cela représentait aux yeux du sorcier, dont elle avait appris à comprendre les gestes et les expressions mieux que personne, à l’exception d’Iza.
— Allons, il est grand temps de rentrer, déclara-t-il, désireux de rester seul pour méditer en paix.
— Oh, non, pas encore ! Il fait encore bon dehors, supplia la fillette.
— Ayla, il ne faut jamais contredire un homme quand il a pris une décision, lui reprocha-t-il gentiment.
— Oui, Creb, répondit-elle en baissant la tête, comme il lui avait appris à le faire.
Sur le chemin du retour, elle marcha en silence aux côtés de Mog-ur jusqu’au moment où l’impétuosité de sa jeunesse reprit le dessus, et elle se remit à gambader devant lui. Elle revenait en courant, les bras chargés de brindilles et de pierres, dont elle lui déclinait les noms ou lui demandait de les lui rappeler si elle ne s’en souvenait plus. Encore sous le coup de sa découverte, le sorcier lui répondait machinalement.
Les premières lueurs de l’aube dissipaient les ténèbres et la fraîcheur de la nuit annonçait l’arrivée prochaine de la neige. Allongée sur sa couche, Iza regardait se préciser peu à peu les contours familiers de la caverne. Aujourd’hui, sa fille allait recevoir un nom et se voir reconnue comme membre du clan à part entière et comme un être humain non seulement vivant mais apte à vivre. Elle songea avec plaisir que sa mise à l’écart forcée allait se relâcher, bien que ses rapports avec les autres dussent encore se limiter strictement aux femmes jusqu’à la fin des saignements.
A l’apparition de leurs premières menstruations, les jeunes filles étaient obligées de s’éloigner du clan pendant toute la durée du cycle. Si elles se produisaient en hiver, la jeune femme demeurait seule au fond de la caverne, mais devait tout de même subir l’épreuve de l’isolement total au printemps suivant, au moment de ses règles. Cette expérience était non seulement terrifiante mais encore dangereuse pour ces jeunes femmes désarmées, accoutumées à la protection et à la compagnie du clan. Cette épreuve était destinée à marquer le passage à la condition de femme, tout comme la première chasse marquait le passage d’un garçon à l’âge d’homme. Mais contrairement à ce dernier, la femme n’avait droit à aucune cérémonie pour fêter l’événement et son retour parmi les siens. Certes, pendant l’épreuve, elle avait la permission de faire du feu pour éloigner les bêtes féroces, mais il n’était pas rare que l’une d’elles disparaisse à tout jamais, et que son cadavre soit découvert plus tard par quelque chasseur. La mère de la jeune fille avait le droit de lui rendre visite une fois par jour, pour lui apporter réconfort et nourriture. Mais si elle venait à disparaître, sa mère n’était autorisée à en faire mention qu’au bout d’un certain temps.
Les luttes auxquelles se livraient les esprits à l’intérieur des corps des femmes dans le but de concevoir la vie restaient un profond mystère pour les hommes. Mais ils savaient que leur essence était vaincue, chassée du corps de la femme, quand celle-ci saignait. Si, durant cette période, une femme regardait un homme, l’esprit de ce dernier risquait d’être attiré dans une lutte qu’il n’était pas certain de remporter. C’est pourquoi les totems des femmes devaient être plus faibles que ceux des hommes, car même un totem faible pouvait tirer une grande force de l’essence vitale propre au sexe féminin. C’étaient les femmes qui possédaient le pouvoir de donner la vie.
Dans le monde matériel, un homme était plus grand, plus fort, bien plus puissant qu’une femme, mais dans le monde terrible des forces invisibles, la femme était l’héritière naturelle d’une force potentiellement plus conséquente. Pour les hommes la faiblesse physique de la femme était précisément ce qui permettait d’établir l’équilibre entre elles et eux. Qu’on permît aux femmes de réaliser toute la force qu’elles avaient en puissance, et c’en serait fini de cet équilibre. C’était la raison pour laquelle elles étaient tenues à l’écart de la vie spirituelle et gardées ainsi dans l’ignorance de la trop grande force que leur conférait ce pouvoir de concevoir la vie.
Les jeunes hommes étaient avertis à leur première cérémonie suivant la consécration à l’âge adulte des terribles conséquences qui pourraient résulter de la découverte par une femme des rites secrets des hommes, et des légendes couraient sur l’époque où c’étaient les femmes qui exerçaient la magie et intercédaient auprès des esprits. Ainsi éclairés, les jeunes hommes considéraient les femmes d’un autre regard. Ils assumaient leurs responsabilités masculines avec beaucoup de sérieux et veillaient à ce qu’une femme soit protégée, nourrie mais totalement dominée, sinon le fragile équilibre entre les forces matérielles et les forces spirituelles risquait d’être brisé et la pérennité du Peuple du Clan condamnée.
La puissance des esprits féminins étant beaucoup plus agissante pendant la menstruation, la femme devait subir un isolement forcé pour ne pas mettre en échec l’esprit totémique de l’homme. Confinée auprès des autres femmes elle n’avait le droit de toucher à aucune nourriture susceptible d’être consommée par un homme. Elle ne pouvait s’occuper que de tâches subalternes comme le ramassage du bois ou la préparation des peaux à l’usage exclusif des femmes. Pendant cette période, les hommes l’ignoraient totalement et s’abstenaient même de la réprimander. Que son regard tombât par hasard sur elle, l’homme faisait comme si elle était invisible.
Cet isolement semblait un châtiment cruel, presque aussi cruel que la Malédiction Suprême infligée au membre du clan coupable d’une faute grave. Seul le chef du clan était habilité à demander au mog-ur de faire descendre sur lui les esprits malfaisants. Le mog-ur ne pouvait se soustraire à cette obligation malgré le danger que cela représentait pour le clan et pour lui-même. Une fois maudit, le coupable était exclu du clan qui cessait aussitôt de lui parler comme de le voir. Il n’existait plus pour personne. Il était tout bonnement considéré comme mort. Son épouse et sa famille le pleuraient et personne n’avait le droit de lui donner à manger. Quelques-uns quittaient le clan pour ne plus jamais reparaître. Mais la plupart se laissaient mourir de faim et de soif.
Il arrivait parfois que le châtiment soit imposé pour une durée déterminée, mais dans la plupart des cas l’issue demeurait fatale, le coupable se laissant quand même mourir. S’il survivait à une telle condamnation, il pouvait réintégrer le clan et retrouver son rang. Une fois sa dette payée, son crime était oublié. Cependant, en raison de la rareté des actes criminels, un tel châtiment était fort peu souvent infligé. Enfin, l’isolement forcé des femmes pendant la menstruation avait au moins cela de bon qu’il les soustrayait pendant un temps aux demandes incessantes et à la surveillance attentive des hommes.
Iza attendait avec impatience la cérémonie grâce à laquelle elle pourrait enfin se joindre aux autres femmes et, lasse de se voir confinée dans les limites du foyer de Creb, elle regardait avec envie le beau soleil qui pénétrait dans la caverne. Elle guettait le signe de Mog-ur lui annonçant qu’il était prêt et le clan rassemblé pour la cérémonie. Lorsque enfin il la fit venir, elle se présenta devant lui et, la tête baissée, elle dénuda son enfant, tandis que Mog-ur convoquait les esprits protecteurs avec de grands gestes solennels. Puis plongeant les doigts dans l’écuelle que lui présentait Goov, il traça une ligne rouge sur le nez de l’enfant jusqu’au milieu des sourcils.












