Le clan de lours des cav.., p.9
Le clan de l'ours des cavernes,
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Il vit une troupe de lions en train de se chauffer paresseusement au soleil d’été dans les hautes herbes de la steppe. L’un des deux lionceaux était une petite femelle, destinée à devenir la chasseresse de la troupe. Elle jouait avec intrépidité et donnait des coups de patte sur le museau d’un gros lion. Des coups de patte audacieux et en même temps légers comme des caresses. Le lion finit par la repousser tendrement et, l’immobilisant sous son énorme patte, se mit à la lécher de sa langue rugueuse. Les lions des cavernes élevaient eux aussi leurs petits avec amour et fermeté, pensa Creb, en se demandant pourquoi lui était apparue cette scène de félicité domestique.
Mog-ur fit encore quelques efforts pour dissiper sa vision, mais la scène ne s’évanouit nullement.
— Ursus, serait-ce le Lion des Cavernes ? Ce n’est pas possible. C’est un totem trop puissant pour une femme. A quel homme pourra-t-elle s’accoupler ?
Le Lion des Cavernes n’était le totem d’aucun homme du clan, et n’apparaissait que fort rarement dans les autres clans. Il vit en imagination la maigre fillette, aux bras et aux jambes droits, au visage plat et au front bombé, si pâle ; même ses yeux étaient trop clairs. Elle deviendrait une femme hideuse et aucun homme ne voudrait d’elle, se dit Mog-ur. La pensée de sa propre laideur lui traversa l’esprit, et il se rappela comment les femmes l’évitaient, surtout quand il était jeune. Peut-être aura-t-elle besoin d’un totem puissant si elle ne doit jamais trouver d’homme pour veiller sur elle. Mais tout de même, un Lion des Cavernes ! Il essaya de se souvenir s’il y avait jamais eu une femme parmi le Peuple du Clan à avoir le grand félin pour totem.
J’oubliais qu’elle n’est pas des nôtres mais elle bénéficie d’une protection puissante, sinon elle n’aurait jamais survécu à ses épreuves. Elle serait morte sous les crocs de ce lion. Cette pensée se cristallisa dans son esprit. Le Lion des Cavernes ! Il l’avait attaquée sans la tuer... Voulait-il l’éprouver ? Une autre idée lui vint, et il frissonna. Le doute n’était plus permis. Brun lui-même ne pourrait faire la moindre objection. Le lion des cavernes l’avait marquée à la cuisse gauche de quatre sillons parallèles dont elle porterait toute sa vie les cicatrices. Or les rites de l’âge adulte exigeaient que Mog-ur marque du signe de son totem le corps d’un homme jeune, et le signe du Lion des Cavernes était justement quatre entailles parallèles dans la cuisse.
Les garçons sont marqués sur la cuisse droite ; mais Ayla est une fille, et les marques sont bien les mêmes, songea-t-il. Que n’y ai-je pensé plus tôt ! Le lion, conscient de la difficulté qu’aurait le clan à accepter une étrangère, l’a marquée du signe de son totem. Il désire qu’elle vive parmi nous, c’est pourquoi il l’a éloignée de son peuple. Mais pour quelle raison ? Le sorcier se sentit soudain mal à l’aise. S’il avait eu notion de ce concept, il y aurait vu un pressentiment. Dans l’état des choses, il éprouvait une vague appréhension mêlée d’un étrange espoir.
Mog-ur se ressaisit. Jamais un totem ne s’était imposé à son esprit d’une manière aussi impérieuse, et c’était cela précisément qui l’inquiétait. Le Lion des Cavernes est son totem. Il l’a choisie exactement comme Ursus m’a choisi. Mog-ur plongea son regard dans les sombres orbites du crâne posé devant lui. Avec une sincère humilité, il s’émerveilla de la façon dont les esprits parvenaient à se faire comprendre. Tout était clair, à présent. Un profond soulagement l’envahit en même temps que subsistait une question. Pourquoi cette petite fille avait-elle besoin d’une protection aussi grande ?
5
Les branches feuillues se balançaient doucement sous la brise du soir, silhouettes dansantes se découpant sur le ciel assombri. Le camp silencieux se préparait pour la nuit. A la faible lueur des braises du foyer, Iza vérifiait le contenu de ses bourses de peau rangées en bon ordre sur sa couverture, tout en jetant des regards inquiets dans la direction où elle avait vu disparaître Creb. Elle n’aimait pas le savoir seul, dans des bois inconnus, sans armes pour se défendre. La fillette dormait déjà et, à mesure que la nuit tombait, l’inquiétude de la guérisseuse grandissait.
Quelques instants plus tôt, elle était allée se rendre compte de la variété des plantes qui poussaient aux alentours de la caverne, désireuse de réapprovisionner et d’étendre sa pharmacopée. Elle ne se séparait jamais de son sac en loutre où elle serrait des feuilles séchées, des fleurs, des racines, des graines et des écorces, mais c’était là sa trousse d’urgence. Dans la nouvelle grotte, elle disposerait de tout l’espace voulu pour stocker et conserver toutes les plantes médicinales dont elle pourrait faire moisson.
Iza vit enfin arriver en claudiquant le vieux sorcier et, soulagée, elle s’empressa de mettre à chauffer son repas et de faire bouillir de l’eau pour son infusion favorite. Il s’approcha, silhouette voûtée par la fatigue, et s’assit à ses côtés pendant qu’elle rangeait ses bourses dans le sac en peau de loutre.
— Comment va l’enfant ce soir ? lui demanda-t-il par gestes.
— Mieux. Elle n’a presque plus mal. Elle t’a réclamé, répondit Iza.
— Tu lui feras une amulette demain matin, Iza.
La femme baissa la tête en signe d’acquiescement puis, incapable de rester en place tant sa joie était grande, elle se précipita pour surveiller le repas. Ayla allait rester parmi eux. Creb a parlé à son totem, se dit-elle, le cœur battant. Les mères de deux autres enfants leur avaient confectionné des amulettes ce jour même, au vu et au su de tous, pour que l’on sache que leurs rejetons connaîtraient bientôt leurs totems lors de la cérémonie de consécration de la caverne. Cette coïncidence était pour eux un présage de chance, et les deux mères ne s’en montraient pas peu fières. Pourquoi Creb s’était-il absenté si longtemps ? Il devait avoir eu du mal à découvrir le totem d’Ayla, songea Iza, s’abstenant de poser la moindre question à Creb, qui d’ailleurs ne lui aurait sans doute pas répondu.
Elle déposa le repas devant son frère, et de l’infusion pour tous les deux. Assis l’un près de l’autre, ils se sentaient envahis par une douce et réconfortante tendresse. Quand Creb eut fini de manger, ils étaient les seuls du clan à être encore éveillés.
— Les chasseurs partiront dans la matinée, dit Creb. S’ils font une bonne chasse, la cérémonie se déroulera le lendemain. Tu seras prête ?
— Je viens de vérifier, il me reste suffisamment de racines. Je serai prête, lui indiqua Iza en montrant sa petite sacoche.
Celle-ci était différente des autres. Le cuir en avait été teint en brun-rouge foncé, avec une poudre d’ocre rouge mélangée à la graisse d’ours qui avait servi à tanner la peau. Aucune autre femme ne possédait rien de teint en rouge sacré, mais toutes portaient sur leurs amulettes une petite marque d’ocre rouge.
— Je me purifierai demain matin, ajouta-t-elle.
Pour tout commentaire, Creb se contenta d’un grognement. C’était là une forme de réponse coutumière aux hommes lorsqu’ils s’adressaient à une femme. Ils restèrent un long moment silencieux, puis Creb posa son bol et regarda sa sœur.
— Mog-ur va s’occuper de toi et de la fillette ; de ton enfant à naître aussi, si c’est une fille. Tu partageras mon feu dans la nouvelle caverne, Iza, dit-il.
Et, s’aidant de son bâton, il se redressa avec peine et s’en fut se coucher.
Iza, qui avait commencé de se lever, se rassit lourdement sur le sol, stupéfaite par cette déclaration. C’était la dernière chose à laquelle elle se fût attendue. Depuis la disparition de son compagnon, elle savait qu’un autre homme allait devoir se charger d’elle. Elle s’était en vain efforcée de chasser de son esprit cette préoccupation, car le choix d’un compagnon n’était pas de son ressort mais de celui de Brun. Elle ne pouvait que passer en revue les hommes qui pourraient lui échoir.
Il y avait Droog, seul depuis la mort de la mère de Goov. Iza le respectait. Il était le meilleur tailleur d’outils du clan. N’importe qui était capable de tailler un bloc de silex pour confectionner un coup-de-poing ou un grattoir, mais Droog possédait un authentique talent, faisant voler d’un seul coup des éclats de la taille et de la forme qu’il avait choisies. Ses couteaux, ses grattoirs et autres instruments étaient hautement prisés. Si elle avait été libre de le faire, Iza aurait choisi Droog entre tous. Il s’était montré bon envers la mère du servant de Mog-ur, et il y avait toujours eu entre elle et lui une relation affectueuse.
Cependant, il était plus probable qu’Aga serait donnée au tailleur de pierres. Elle était plus jeune qu’Iza et déjà mère de deux enfants. Son fils, Vorn, aurait bientôt besoin de la présence d’un homme pour assumer son éducation en matière de chasse, et il en fallait un aussi à la petite Ona pour prendre soin d’elle. Droog accepterait sans doute aussi Aba, la vieille mère d’Aga. Toutes ces responsabilités bouleverseraient la vie jusqu’ici tranquille et rangée du tailleur de pierres. Aga était parfois sujette à des sautes d’humeur, et elle n’avait pas la compréhension qu’avait toujours manifestée la mère de Goov, mais ce dernier fonderait bientôt son propre foyer, et Droog avait besoin d’une femme.
Par ailleurs, il était impensable qu’elle fût unie à Goov, qui était bien trop jeune. Jamais Brun ne lui donnerait une vieille femme pour compagne. Iza aurait le sentiment d’être sa mère plus que sa femme.
Iza avait songé à partager le foyer de Grod et d’Uka qui vivaient avec Zoug, le compagnon de la mère de Grod. Grod était un homme distant et peu disert, mais dépourvu de toute cruauté, et sa loyauté envers Brun ne faisait aucun doute. Il n’aurait pas déplu à Iza de devenir la seconde compagne de Grod, mais Usa était la sœur d’Ebra et elle n’avait jamais pardonné à Iza son rang qui lui portait ombrage. En outre, elle ne s’était jamais consolée de la mort de son jeune fils, et pas même sa fille Ovra ne parvenait à adoucir son chagrin. Ce foyer était trop mélancolique pour le goût d’Iza.
Quant au foyer de Crug, elle y avait à peine songé. Ika, sa compagne, la mère de Borg, était une femme ouverte et aimable. Et la réticence d’Iza tenait précisément au fait que ces deux-là étaient trop jeunes pour elle, et puis elle ne s’était jamais bien entendue avec Dorv, le compagnon de la mère d’Ika, qui partageait le foyer des jeunes gens.
Restait Brun, dont elle ne pouvait devenir la seconde épouse, du fait qu’elle était née de la même mère bien que son rang de guérisseuse eût pu lui permettre de surmonter cet interdit. Iza n’était pas comme cette vieille femme qui avait rejoint le monde des esprits durant le tremblement de terre. Celle-là était veuve et venait d’un autre clan. Hébergée de foyer en foyer, sans position, elle n’avait jamais été qu’une charge pour les uns et les autres.
L’idée de partager le foyer de Creb ne l’avait pas effleurée un seul instant. Il n’était dans le clan d’homme ou de femme auxquels elle fût plus attachée. De plus, il aimait Ayla, elle en était persuadée. C’était là un arrangement parfait, à moins qu’elle ne donnât le jour à un garçon. Un garçon avait besoin d’un homme qui lui apprenne à chasser, et Creb n’était pas un chasseur.
Iza envisagea un moment de prendre une potion pour perdre l’enfant qu’elle attendait et s’assurer ainsi, une fois pour toutes, de ne pas avoir un garçon. Mais sa grossesse était bien avancée, et elle savait qu’elle désirait vraiment ce bébé. Malgré son âge, Iza avait de fortes chances de mener cet enfant à terme, et les enfants étaient trop précieux pour qu’on s’en débarrasse aussi légèrement. Je demanderai à mon totem de me donner une fille, décida-t-elle. L’esprit de mon totem sait que j’ai toujours voulu une fille ; ne lui ai-je pas promis de prendre grand soin de moi, afin que l’enfant naisse en bonne santé, à la condition que ce soit une fille ?
Iza n’ignorait pas que des femmes de son âge risquaient d’avoir des problèmes, et elle avait veillé à prendre des aliments et des remèdes favorisant une bonne gestation. Bien qu’elle n’eût jamais enfanté, Iza en connaissait plus sur la question que la plupart des femmes. Elle surveillait les grossesses, participait aux accouchements, dispensant volontiers ses connaissances. Mais il y avait certains remèdes, dont les formules se transmettaient de mère à fille, qui étaient tellement secrets qu’Iza serait morte plutôt que de les révéler, particulièrement aux hommes, car ils en auraient interdit absolument l’usage.
Si le secret avait pu être ainsi gardé, la raison en était que personne, homme ou femme, ne questionnait jamais une guérisseuse sur sa magie. Cette discrétion était presque une loi. Toute guérisseuse pouvait partager son savoir avec quiconque en manifestait sincèrement l’intérêt, mais elle se gardait bien d’aborder certains aspects de son art, car serait-il venu à l’esprit d’un homme de la questionner à ce propos, elle n’aurait pas pu refuser de lui répondre, de même qu’elle aurait été incapable de lui mentir. Le mode de communication dépendait trop des gestes, des expressions et des attitudes pour que tout mensonge ne fût pas détectable. La notion même de mensonge était absente des pensées, et les seules tentatives de dissimulation qui pouvaient parfois se produire se bornaient à une réticence à parler, réticence qui, par ailleurs, était souvent tolérée.
Iza tenait de sa mère de nombreux remèdes magiques et secrets qu’elle avait utilisés sans jamais en parler à personne. L’un d’entre eux était destiné à empêcher la conception, à empêcher l’esprit du totem d’un homme de concevoir un enfant. Son compagnon n’avait jamais songé à lui demander pourquoi elle n’avait pas d’enfant. Il la croyait dotée d’un totem trop puissant pour une femme et s’en plaignait fréquemment aux autres. Mais Iza désirait par-dessus tout l’humilier aux yeux du clan. Elle voulait que le clan sache que le totem de l’homme était impuissant à briser les défenses du sien, que le fluide de son propre ventre était plus fort que le fluide de l’homme, et que celui-ci pouvait toujours la battre, il n’y changerait rien.
L’homme lui infligeait de sévères corrections destinées à soumettre son totem, mais Iza savait qu’il prenait plaisir à ces sévices. Elle avait détesté cet homme avant même qu’on le lui donne pour compagnon. Elle avait supplié sa mère mais celle-ci ne pouvait rien pour elle. Iza était la guérisseuse, et son haut rang dans le clan était comme un défi pour cet homme envieux qui n’avait pas supporté de voir sa virilité mise en question par la stérilité de sa compagne. Ne pouvant la dominer en la fécondant, il s’était mis à la battre.
Iza savait que Brun désapprouvait un tel comportement et elle était sûre qu’il n’aurait pas fait de cet homme son compagnon, s’il avait été chef du clan à ce moment-là. Brun ne tenait pas pour une preuve de force la domination physique d’une femme. Le Peuple du Clan considérait comme indigne d’un homme de s’en prendre à un adversaire plus faible ou de se laisser emporter à cause d’une femme. Un homme devait se faire obéir d’une femme sans violence, il devait chasser et pourvoir son foyer de la nourriture nécessaire, sans montrer de signe de douleur quand il souffrait. Il arrivait que des hommes corrigent des femmes coupables de manquements à la discipline établie, mais peu en faisaient une pratique, encore moins un plaisir.
Quand Creb s’était installé avec eux, son compagnon avait pensé en tirer un bénéfice. En effet, Iza n’était pas seulement la guérisseuse du clan mais elle était également celle qui cuisinait pour Mog-ur. L’homme s’était imaginé que le reste du clan croirait que le sorcier l’initiait à sa magie. En réalité, Creb lui prêtait tout juste attention et, bien qu’il n’en dît jamais rien, n’appréciait pas la brutalité du compagnon de sa sœur.
Malgré les coups, Iza n’en avait pas moins continué à faire usage de ses potions contraceptives. Toutefois, lorsqu’elle se découvrit enceinte, elle accepta son sort avec résignation. Un moment elle pensa que le totem de son compagnon avait finalement vaincu le sien mais le tremblement de terre sembla le démentir : si le totem de l’homme avait été si fort, pourquoi l’avait-il soudain abandonné ? S’il avait survécu au cataclysme, Iza aurait probablement provoqué une fausse couche. Sa mort l’en avait dissuadée, et elle s’était accrochée à l’espoir de donner le jour à une fille, afin de prolonger sa lignée de guérisseuses. A présent, ce désir d’une fille était d’autant plus fort que cela lui permettrait de vivre aux côtés de Creb.
Iza rangea sa sacoche et se glissa dans la fourrure, auprès de l’enfant qui dormait paisiblement. Ayla est vraiment favorisée par la chance, pensa-t-elle. Elle a découvert une nouvelle caverne, elle obtiendra le droit de rester avec moi, et nous allons partager le feu de Creb. Puisse sa chance me faire donner naissance à une fille. Iza serra la fillette dans ses bras en se blottissant contre le petit corps chaud.
Le lendemain, après le repas matinal, Iza fit signe à l’enfant de la suivre pour chercher des plantes le long du cours d’eau. Elle aperçut bientôt une clairière de l’autre côté de la rivière et passa sur l’autre rive. Il y poussait de grandes plantes aux feuilles mates, pourvues de petites fleurs vertes disposées en grappes épaisses. Iza cueillit quelques-unes de ces ansérines aux racines rouges, puis se dirigea vers les marais où elle découvrit des prêles et, un peu plus haut, des saponaires. Ayla la regardait faire avec intérêt, désolée de ne pouvoir communiquer avec elle, la tête pleine de questions qu’elle était incapable de formuler.
De retour au campement, Iza remplit d’eau et de pierres brûlantes un panier finement tressé où elle ajouta les tiges de prêles. Puis elle découpa avec un éclat de silex un morceau circulaire dans une couverture dont la peau, bien que souple, était assez solide. A l’aide d’un instrument pointu, elle perça de petits trous au bord du cercle, dans lesquels elle passa une sorte de lien confectionné avec une écorce filandreuse torsadée qu’elle tira ensuite pour obtenir une petite bourse. Enfin, d’un coup de couteau, elle trancha un bout de la longue lanière de cuir qui maintenait fermé son vêtement, après en avoir mesuré la longueur en le passant autour du cou d’Ayla.












