Le clan de lours des cav.., p.4
Le clan de l'ours des cavernes,
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Iza vit Brun s’approcher d’elle, l’air mécontent. Elle se leva prestement et alla aider à servir le repas. Une fois sa décision prise, Brun avait chassé de ses pensées cette étrange enfant, mais voilà qu’il se reprenait à douter de l’opportunité de sa présence parmi le clan. Alors qu’il était de règle de s’abstenir de regarder ce que les autres disaient, il ne put éviter de remarquer les commentaires de son clan. L’étonnement de ses compagnons à le voir accepter la présence de la fillette le conduisit à s’interroger lui aussi. Il se mit à redouter un redoublement de la colère des esprits. Il s’apprêtait à aller trouver la guérisseuse quand Creb, qui avait deviné son intention, l’arrêta.
— Que se passe-t-il, Brun ? Tu as l’air préoccupé.
— Iza doit abandonner l’enfant ici même, Mog-ur. Elle ne fait pas partie du Clan. Les esprits n’apprécieront pas sa présence parmi nous pendant que nous cherchons une nouvelle caverne. Je n’aurais jamais dû permettre à Iza de l’emmener.
— Mais non, rétorqua Mog-ur. La bonté n’a jamais irrité les esprits protecteurs. Tu connais Iza, elle ne supporte pas de voir une souffrance sans intervenir. Ne crois-tu pas que les esprits aussi la connaissent bien ? S’ils n’avaient pas voulu qu’elle soigne l’enfant, ils ne l’auraient pas mise sur son chemin. Il y a sûrement une raison à cela. Il se peut très bien que la petite meure, Brun, mais si Ursus veut l’appeler dans le monde des esprits, laissons-lui l’entière décision. Ce n’est pas le moment d’intervenir. Elle mourra à coup sûr si nous l’abandonnons.
Brun n’était pas convaincu. Quelque chose chez cette enfant le troublait. Cependant, par déférence envers Mog-ur, il acquiesça.
Après le repas, Creb demeura perdu dans un silence contemplatif, en attendant que tout le monde ait terminé de manger pour commencer la cérémonie nocturne, pendant qu’Iza lui préparait une couche pour dormir. Mog-ur avait interdit aux hommes et aux femmes de dormir ensemble tant qu’ils n’auraient pas trouvé une nouvelle caverne, afin que les hommes consacrent leur énergie à la célébration des rites et donnent à tous le sentiment qu’aucun effort n’était épargné pour les rapprocher du but.
Cette interdiction ne dérangeait guère Iza dont le compagnon avait péri dans l’éboulement. Elle avait manifesté un chagrin convenable lors de ses funérailles – le contraire eût été néfaste – mais elle n’était pas vraiment affligée de sa disparition. La cruauté et les exigences du défunt n’étaient un secret pour personne. Il n’y avait jamais eu la moindre tendresse entre eux. Elle ignorait le parti que Brun lui réservait à présent. Il faudrait bien que quelqu’un subvienne à ses besoins et à ceux de l’enfant qu’elle portait en elle, mais tout ce qu’elle espérait, c’était de pouvoir continuer à préparer les repas de Creb.
Il avait toujours partagé leur feu. Iza savait qu’il n’avait pas plus qu’elle-même apprécié son compagnon disparu, bien qu’il ne se fût jamais mêlé de leurs problèmes personnels. Elle avait toujours considéré comme un bonheur de cuisiner pour Mog-ur, mais surtout elle s’était prise pour son frère d’une affection comme beaucoup de femmes rêvent d’en éprouver pour le compagnon de leur vie.
La condition de son frère attristait parfois Iza. Il aurait pu prendre une compagne s’il l’avait voulu, mais elle savait qu’en dépit de ses pouvoirs magiques et de son rang élevé dans le clan, aucune femme ne regardait jamais son corps difforme et son visage balafré sans une répulsion dont il était lui-même parfaitement conscient. Voilà pourquoi il n’avait jamais voulu prendre de compagne et maintenait le sexe féminin à distance. Cette attitude réservée ajoutait encore à sa stature. Tout le monde, les hommes y compris, à l’exception toutefois de Brun, redoutait Mog-ur et lui témoignait un respect craintif. Tout le monde, sauf Iza qui, dès sa naissance, avait appris à connaître sa bonté et sa sensibilité. Mais c’était là un aspect de sa personnalité qu’il dévoilait rarement.
Or c’était bien cette bonté que le grand Mog-ur manifestait en cet instant. Au lieu de méditer sur la cérémonie nocturne, il pensait à la petite fille. Le peuple auquel elle appartenait avait toujours excité sa curiosité, mais le clan évitait dans la mesure du possible de se mêler aux Autres, et Mog-ur n’avait jamais eu l’occasion d’examiner un de leurs enfants. Il soupçonnait le tremblement de terre d’être responsable du triste sort de la fillette ; mais il s’étonnait toutefois que les Autres se soient trouvés si proches, eux qui séjournaient d’habitude beaucoup plus au nord.
Creb se releva à l’aide de son bâton, tandis que les hommes commençaient à quitter le campement pour se livrer aux préparatifs de la cérémonie nocturne. Ce rite était l’apanage des hommes, de même que leur devoir. S’il arrivait de temps à autre que les femmes fussent autorisées à participer à la vie religieuse du clan, cette cérémonie-là leur était absolument interdite. Il n’était pas de plus grand malheur que l’intrusion d’une femme dans les rites secrets des hommes, car elle n’attirerait pas seulement le mauvais sort sur le clan mais en chasserait les esprits protecteurs. Le clan entier en mourrait.
Mais il n’y avait aucun danger de ce côté-là. Jamais une femme n’aurait osé s’aventurer trop près du lieu consacré aux rites. Elles considéraient plutôt le déroulement des cérémonies comme un instant de détente, une interruption pendant laquelle elles se trouvaient déchargées du poids des exigences constantes des hommes, surtout en ces temps difficiles où ils étaient nerveux et toujours présents. Normalement, à cette époque de l’année, ils s’absentaient pour de grandes expéditions de chasse. Si les femmes se désolaient tout autant qu’eux de n’avoir pas encore trouvé une nouvelle caverne, elles n’y pouvaient pas grand-chose. Brun décidait seul de la direction à suivre, sans leur demander un avis qu’elles auraient été d’ailleurs bien incapables de lui donner.
Les femmes s’en remettaient entièrement aux hommes pour le commandement du clan, les responsabilités à assumer, les décisions à prendre. Le clan, dont la structure avait fort peu évolué en près de cent mille ans, était désormais réfractaire à tout changement, et certaines habitudes, fruits d’adaptations successives au milieu, se trouvaient à présent génétiquement ancrées. Les hommes comme les femmes acceptaient leurs rôles sans opposer la moindre résistance. Ils étaient tout aussi incapables de chercher à modifier la nature de leurs rapports que de transformer la structure de leur cerveau.
Après le départ des hommes, les femmes firent cercle autour d’Ebra, en espérant qu’Iza se joindrait à elles et satisferait enfin leur curiosité. Mais la guérisseuse, fatiguée, préféra rester auprès de la fillette. Elle s’allongea à ses côtés et s’enveloppa avec elle dans la fourrure, puis regarda longuement l’enfant endormie à la lueur du feu déclinant.
Étrange petite chose, pensa-t-elle. Plutôt laide d’une certaine façon. Son visage parait si plat avec ce front haut et bombé et ce petit bout de nez. Et quel drôle d’os saillant sous la bouche. Je me demande quel peut être son âge ? Plus petite que je ne l’ai d’abord pensé. Sa taille m’a trompée. Elle est si maigre que je sens tous ses os. Pauvre bébé, depuis combien de temps erres-tu sans manger ? Iza entoura le corps frêle d’un bras protecteur. La femme qui avait souvent soigné et guéri de jeunes animaux blessés ne pouvait faire moins pour la petite créature humaine, si frêle, si vulnérable qu’elle en avait le cœur serré.
Mog-ur se tenait à l’écart pendant que chaque homme prenait place derrière l’une des pierres disposées en un petit cercle à l’intérieur d’un cercle plus grand délimité par des torches. Ils se trouvaient en terrain dégagé loin du campement. Quand tous les hommes furent assis, le sorcier attendit encore un peu puis il pénétra dans le cercle, tenant enflammée une petite torche de plantes aromatiques.
Quand il eut planté la torche dans le sol, devant son bâton, il vint se placer au milieu du cercle, et là, dressé de toute sa hauteur sur sa bonne jambe, il porta vers la steppe un regard rêveur et lointain, comme s’il voyait de son unique œil un monde qui demeurait invisible aux autres. Enveloppé dans son épaisse fourrure d’ours des cavernes, avec sa silhouette difforme qui le différenciait des autres, Mog-ur dégageait une force envoûtante et mystérieuse qui prenait toute sa dimension lors des rites qu’il célébrait.
Soudain, d’un geste emphatique, il sortit un crâne et de son bras gauche musculeux le leva haut au-dessus de sa tête et tourna lentement sur lui-même de façon à ce que chaque homme pût voir le gros crâne de l’ours des cavernes luire d’un blanc laiteux à la lueur des flammes dansantes des torches. Il déposa ensuite le crâne devant le flambeau aromatique encore fumant et, s’accroupissant derrière celui-ci, il compléta le cercle.
Un homme jeune assis à côté de lui se leva et ramassa un grand bol en bois. Il avait dépassé sa onzième année, et la cérémonie de son passage à l’âge d’homme avait eu lieu peu de temps avant le tremblement de terre. Goov avait été choisi comme servant de Mog-ur dès son enfance et il avait souvent aidé le sorcier dans ses préparatifs, mais les servants n’étaient autorisés à participer aux rites eux-mêmes qu’une fois adultes. C’était la première fois que Goov servait dans une cérémonie depuis qu’ils erraient à la recherche d’une caverne, et le garçon ressentait une certaine appréhension.
Pour Goov, trouver une nouvelle caverne revêtait une signification particulière. C’était pour lui l’occasion unique d’apprendre du grand Mog-ur les rites complexes et difficilement transmissibles qui marquaient la célébration d’un nouveau lieu de résidence pour le clan. Enfant, il avait redouté le sorcier, bien qu’il fût conscient de l’honneur d’avoir été choisi comme servant. En grandissant, il avait peu à peu découvert que l’infirme n’était pas seulement le mog-ur le plus habile de tous les clans mais que la laideur de ses traits masquait un cœur bon et généreux. Aussi Goov n’avait-il pas seulement un grand respect mais encore une vive affection pour son mentor.
Il avait commencé la préparation du breuvage sitôt que Brun avait ordonné la halte. Il lui avait d’abord fallu broyer entre deux pierres plates des pieds entiers de datura. Le plus difficile était d’estimer la quantité exacte de plante, feuilles et sommités comprises, qu’on laisserait ensuite macérer dans de l’eau bouillante jusqu’au moment de la cérémonie.
Goov avait versé la puissante infusion au datura dans la coupe réservée au rite, la serrant fort entre ses mains bien avant que Mog-ur pénètre dans le cercle, tout à l’espoir que sa préparation aurait l’assentiment du magicien. Comme Goov lui tendait la coupe, Mog-ur prit une gorgée, approuva de la tête et but, au grand soulagement de son jeune servant. Goov fit ensuite boire les autres hommes selon leur rang, en commençant par Brun. Il tenait la coupe pendant que chacun buvait, veillant à ce que chaque part fût égale. Il prit la sienne en dernier.
Mog-ur attendit qu’il reprenne sa place puis, sur son signe, les hommes commencèrent à battre en cadence le sol du bout de leur lance. Le bruit sourd, cadencé, s’amplifia dans la nuit, et les hommes se levèrent, se balançant avec le rythme. Mog-ur baissa son regard sur le crâne posé devant lui, et il y avait une telle intensité dans ce regard que les hommes aussi portèrent toute leur attention à la relique sacrée. Il attendit encore un peu, sentant monter l’attente de chacun, puis il leva les yeux vers son frère, l’homme qui menait le Clan. Brun s’accroupit devant le crâne.
— Esprit du Bison, Totem de Brun, commença Mog-ur.
Il n’articula qu’un seul mot, « Brun », exprimant le reste par signes de sa seule main valide. Ce qui suivit, il le transmit dans l’ancien langage, celui utilisé pour communiquer avec les esprits ou bien les membres d’autres clans dont les sons et la gestuelle étaient différents des leurs. Par des symboles muets, Mog-ur implora l’Esprit du Bison de leur pardonner les fautes qu’ils avaient pu commettre et de leur venir en aide.
— Cet homme a toujours honoré les esprits, Grand Bison, toujours respecté les traditions du Clan. Cet homme est un chef avisé, un chef juste, un bon chasseur, un homme de sang-froid, un homme digne du Puissant Bison. N’abandonne pas cet homme ; guide ce chef jusqu’à une nouvelle caverne, une demeure où l’Esprit du Bison sera heureux. Ce Clan implore l’aide du totem de cet homme, conclut le sorcier.
Puis il porta son regard vers le chef en second. Tandis que Brun s’écartait, Grod vint s’accroupir devant le crâne de l’ours des cavernes. S’il était formellement interdit aux femmes d’assister à la cérémonie, c’était bien pour qu’elles ne puissent voir les hommes, qui affichaient tant de force stoïque, se prosterner et implorer les esprits invisibles avec la même crainte et la même humilité qu’on attendait d’elles quand elles présentaient aux hommes quelque requête.
— Esprit de l’Ours Brun, Totem de Grod, reprit Mog-ur, invoquant cette fois le totem du chef en second.
Puis, quand il eut ainsi procédé pour chaque homme, il continua de fixer de son œil unique le crâne devant lui, pendant que les hommes martelaient de nouveau la terre de leurs lances, se laissant emporter par le rythme.
Ils savaient ce qui viendrait ensuite, car la cérémonie ne variait jamais, mais elle avait beau être identique nuit après nuit, ils n’en attendaient pas moins avec fièvre que Mog-ur invoque l’esprit d’Ursus, le Grand Ours des Cavernes, son totem personnel et le plus vénéré de tous les esprits.
Ursus était plus que le totem de Mog-ur ; il était celui de chacun, et plus qu’un totem. C’était Ursus le fondateur du Peuple du Clan. C’était lui l’esprit suprême, le grand protecteur. La vénération de l’Ours des Cavernes était le facteur commun qui les unifiait, la force qui unissait tous les clans autonomes en un seul peuple, le Clan de l’Ours des Cavernes.
Quand le sorcier borgne jugea le moment opportun, il fit un signe. Les hommes cessèrent de battre le sol de leurs lances et se rassirent en cercle, mais le rythme envoûtant courait encore dans leur sang et leur battait aux tympans.
Mog-ur prit une pincée de spores de pied-de-loup dans une petite poche de cuir et, se penchant au-dessus de la torche aromatique toujours allumée devant lui, il laissa tomber en fine pluie les spores séchées en même temps qu’il soufflait dessus, les projetant en une gerbe d’étincelles tout autour du crâne.
Le crâne de l’ours des cavernes semblait prendre vie sous les yeux des hommes, dont les perceptions se trouvaient particulièrement aiguisées par la prise de datura. Un hibou hua dans la nuit, et son cri fit un dramatique contrepoint à la pluie lumineuse qui semblait jaillir de la bouche de Mog-ur.
— Grand Ursus, Protecteur du Peuple du Clan, disaient les gestes du sorcier, montre à ce clan sa nouvelle demeure comme il y a longtemps l’Ours des Cavernes nous enseigna comment vivre dans les grottes et se vêtir de fourrures. Protège-nous de la Glace de Montagne, et des Esprits de la Neige Poudreuse et de la Neige Cristalline qui lui donnèrent naissance. Ce clan implore le Grand Ours des Cavernes de les protéger du malheur, alors que nous sommes sans abri. Ton clan, tes hommes, implorent l’Esprit le plus vénéré, l’Esprit du Puissant Ursus de les accompagner dans leur marche.
Puis Mog-ur fit appel aux capacités de son énorme cerveau.
Ces hommes primitifs, dénués ou presque de lobes frontaux, au langage limité par des organes vocaux atrophiés, mais nantis de cerveaux volumineux – plus volumineux que ceux de toutes les espèces humaines anciennes ou à venir – étaient uniques en leur genre. Ils formaient l’aboutissement d’une espèce humaine dont le cerveau était développé à l’arrière du crâne, dans les régions occipitales et pariétales qui contrôlent la vision, les perceptions corporelles, et qui sont le siège de la mémoire.
Et c’était leur mémoire qui faisait d’eux des êtres hors du commun. Le savoir inconscient des comportements ancestraux qu’on appelle l’instinct avait évolué. Entreposés à l’arrière de leurs gros cerveaux, il n’y avait pas seulement leurs propres souvenirs mais ceux de leurs ancêtres. Ils pouvaient ainsi se rappeler le savoir que ceux-ci leur avaient légué et, dans certaines circonstances particulières, ils pouvaient faire plus : ils étaient capables de se souvenir de leur mémoire raciale, de leur propre évolution. Et quand ils allaient encore plus loin dans le passé, ils parvenaient à se fondre dans la mémoire collective et unir télépathiquement leurs esprits.
Ce talent était exceptionnellement développé dans le cerveau de l’infirme. Creb, le doux Creb, dont l’énorme masse cervicale lui avait valu une naissance difficile et sa difformité même, avait appris, devenu mog-ur, à se servir des capacités de ce cerveau pour fusionner en un seul esprit les identités assises autour de lui et, tel un pilote, à guider cet esprit. Il pouvait les emmener jusqu’à leurs origines, jusqu’à ce qu’ils deviennent dans leurs esprits n’importe lequel de leurs premiers géniteurs. Il était Mog-ur, et son pouvoir était réel ; il ne se limitait pas à quelques effets d’ordre physique ou à la connaissance de certaines plantes narcotiques. La drogue comme la dramaturgie du rite n’étaient pour lui que de simples auxiliaires.
En cette nuit calme et sombre, constellée d’étoiles anciennes, quelques hommes eurent ainsi des visions impossibles à décrire. Sensations plus que visions, car ils les éprouvaient de l’intérieur et se souvenaient d’impénétrables commencements. Dans les profondeurs de leurs propres esprits, ils retrouvèrent les impressions des créatures flottant dans la mer, ils revécurent la douleur de leur première respiration à l’air libre et redevinrent des amphibiens partageant les deux éléments.
Parce qu’ils vénéraient l’ours des cavernes, Mog-ur évoqua le mammifère primitif, à l’origine des espèces qui suivraient, et il unit leurs esprits à celui du premier ours. Ainsi deviendraient-ils à travers les âges chacun des descendants du premier mammifère, prenant par là conscience de leur parenté avec toute vie sur terre et ressentant la nécessité d’un respect pour les animaux qu’ils tuaient, respect qui s’exprimait dans le choix des totems appelés de leurs vœux à les protéger.












