Le clan de lours des cav.., p.32
Le clan de l'ours des cavernes,
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Lorsque la petite troupe s’arrêta un moment pour se décharger des fardeaux sur ceux qui venaient à leur rencontre, Iza apprit ce qui s’était passé, tandis qu’Ayla poursuivait son chemin vers la caverne, la tête baissée, fuyant les regards. Si Iza s’attendait à tout de la part de sa fille adoptive, elle ne l’aurait jamais crue capable de se livrer à semblable transgression et elle frémit à la pensée du châtiment qu’elle encourait.
En arrivant à la caverne, Oga et Ebra amenèrent le petit Brac dans le foyer d’Iza, qui, après avoir ôté l’attelle de bouleau, examina la blessure.
— Il pourra se servir de son bras comme si de rien n’était, déclara-t-elle. Il conservera une cicatrice, mais la plaie est en bonne voie de guérison et la fracture se soude parfaitement. Je vais tout de même lui changer son pansement.
Les deux femmes se sentirent soulagées. Un chasseur avait besoin de ses deux bras, et si Brac en avait perdu un il n’aurait jamais pu devenir chef. Dans l’incapacité physique de chasser, il ne serait jamais devenu un homme, au vrai sens du terme, et aurait fini sa vie au stade intermédiaire où végétaient les jeunes gens qui, bien que physiquement mûrs, n’étaient pas en mesure d’abattre leur première bête.
Brun et Broud se sentirent eux aussi vivement soulagés. Mais Brun accueillit cette nouvelle avec un plaisir mitigé : elle lui rendait la tâche plus difficile encore. Ayla ne s’était pas contentée de sauver la vie de Brac, elle lui avait aussi assuré une existence normale. Mais il fallait prendre une décision différée depuis trop longtemps. Brun fit signe à Mog-ur et les deux hommes s’éloignèrent.
Creb resta consterné au récit de Brun. C’est lui qui avait assumé la lourde responsabilité de l’éducation et de la formation d’Ayla, et il avait lamentablement échoué dans sa tâche. Mais autre chose le troublait davantage. Quand il avait été informé des cadavres d’animaux que découvraient les hommes, il n’y avait pas vu une manifestation des esprits. Il s’était même demandé s’il n’y avait pas derrière cette histoire quelque facétie imaginée par Zoug ou un autre chasseur habile à la fronde, bien que cette supposition lui parût peu sérieuse. A présent qu’il connaissait la vérité, il se rappelait avoir remarqué un profond changement en Ayla, un changement qui aurait dû le mettre en garde. Les femmes n’avaient pas la démarche souple et feutrée du chasseur, elles faisaient au contraire du bruit sitôt qu’elles pénétraient dans un bois, et cela pour de bonnes raisons. Plus d’une fois, Ayla l’avait fait tressaillir en apparaissant à ses côtés, sans qu’il l’eût entendue approcher. D’autres détails lui venaient, qui auraient dû alors lui ouvrir les yeux.
Aveuglé par son affection pour Ayla, il s’était toujours refusé à la croire capable de chasser. Avait-il donc laissé ses sentiments personnels prendre le pas sur les intérêts spirituels du clan ? Méritait-il encore la confiance de son peuple ? Était-il encore digne d’Ursus ? Pouvait-il décemment continuer d’être le mog-ur de ce clan ?
Pourtant ses regrets à l’égard de ce qu’il aurait dû faire ne lui épargnaient pas ce qu’il lui restait à accomplir à présent. Si la décision finale incombait à Brun, sa fonction exigeait que ce fût lui qui exécutât la sentence ; son devoir l’obligerait à sacrifier l’enfant qu’il adorait.
— Ce n’est qu’une supposition, dit Brun, mais je pense que c’est elle qui tuait les carnassiers aux alentours de la caverne. Il faudra le lui demander. Elle s’est forcément entraînée pour acquérir une telle adresse ; elle est plus adroite que Zoug, Mog-ur, et ce n’est qu’une fille ! Mais comment a-t-elle fait pour apprendre à tirer ? Je ne suis pas le seul à croire qu’il y a quelque chose de masculin en elle. Elle est aussi grande qu’un homme et n’est toujours pas une femme ! Penses-tu qu’elle le devienne jamais ?
— Ayla est une fille, Brun, et comme toutes les filles, elle deviendra femme un jour. Elle est tout simplement une femelle capable de se servir d’une arme, déclara le vieux sorcier.
— Bon, il me reste à savoir depuis combien de temps elle chasse. Nous sommes tous fatigués après ce long voyage. Dis à Ayla que je l’interrogerai demain.
Creb boitilla jusqu’à la caverne et ne s’arrêta devant son foyer que le temps de demander à Iza de transmettre le message de Brun. Puis il se dirigea vers la petite grotte sacrée où il passa toute la nuit.
Les femmes regardèrent en silence les hommes s’enfoncer dans les bois, Ayla sur leurs talons. Animées de sentiments contradictoires, elles ne savaient que penser. Ayla elle-même était profondément troublée. Elle avait toujours su qu’il était mal de chasser. Mais me serais-je abstenue si j’avais connu toute la portée de mon crime ? se demandai-t-elle. Non, je voulais chasser, et rien au monde ne m’en aurait empêchée. Mais elle n’en était pas moins terrifiée à la pensée de se voir bannie du clan, condamnée à errer dans le monde des esprits, qu’elle craignait autant qu’elle croyait au pouvoir des totems protecteurs.
Rien, pas même l’Esprit du Lion des Cavernes, ne pourrait-il la protéger contre les esprits maléfiques ? Quelle erreur ai-je faite en croyant que mon totem m’envoyait un signe favorable ! Jamais il n’aurait fait cela, sachant que je me condamnais moi-même à la Malédiction Suprême en chassant ! Mon totem protecteur m’a certainement abandonnée dès l’instant où j’ai mis la main sur cette fronde. Elle frémit à ce souvenir.
Arrivés dans une clairière, les hommes s’assirent autour de Brun sur des souches d’arbres, tandis qu’Ayla s’effondrait à ses pieds. Après lui avoir tapé sur l’épaule pour lui faire relever la tête, le chef commença de la questionner.
— Est-ce toi qui tuais les carnassiers que les chasseurs ont découverts ?
— C’est moi, acquiesça-t-elle.
Incapable de mentir, comme tous les autres membres du clan, Ayla, sachant son secret éventé, était prête à faire face à toutes les accusations.
— Comment as-tu appris à te servir d’une fronde ?
— C’est Zoug qui m’a appris, répondit-elle.
— Zoug ! s’exclama Brun, tandis que toutes les têtes se tournaient vers le vieux chasseur.
— Je ne lui ai jamais appris à se servir d’une fronde, se défendit Zoug avec énergie.
— Zoug ne savait pas qu’il était en train de m’apprendre, s’empressa d’ajouter Ayla, volant au secours du vieillard. Je l’observais quand il apprenait à Vorn.
— Depuis quand sais-tu tirer ? poursuivit Brun.
— Voilà deux étés que je chasse, et je me suis entraînée, sans chasser, l’été d’avant.
— Cela correspond bien au moment où Vorn a commencé son apprentissage, commenta Zoug.
— Oui, répondit Ayla, j’ai commencé le même jour que lui.
— Comment peux-tu savoir exactement quand Vorn a commencé ? demanda Brun, surpris de son assurance.
— Parce que je l’ai vu.
— Que racontes-tu là ? Où étais-tu ?
— Dans le pré où vous vous entraînez. Iza m’avait demandé de lui rapporter de l’écorce de merisier et, quand je suis arrivée, vous étiez déjà là, expliqua-t-elle. Iza avait grand besoin de cette écorce, c’est pourquoi j’ai préféré attendre, et j’ai regardé Zoug donner à Vorn sa première leçon.
— Tu as vu Zoug donner sa première leçon à Vorn ? répéta Broud. Es-tu bien sûre que c’était sa première leçon ?
Broud se sentait encore honteux au souvenir de son humiliation.
— Oui, Broud, j’en suis sûre, répondit Ayla.
— Et qu’as-tu vu d’autre ? ajouta-t-il sur un ton inquisiteur, tandis que Brun se rappelait l’incident survenu ce jour-là.
— J’ai vu les autres en train de s’entraîner, eux aussi, répondit Ayla, essayant d’échapper à la question, mais elle croisa le regard sévère de Brun. Et puis J’ai vu Broud faire tomber Zoug et Brun se mettre très en colère contre lui.
— Tu as vu ça ? Tu as assisté à toute la scène ? s’écria Broud, blême de rage et de honte.
De tous les membres du clan, pourquoi fallait-il que ce fût elle, le témoin de la dure réprimande que Brun lui avait adressée ! La façon désastreuse dont il avait manqué tous ses tirs lui revint en mémoire, de même que celle dont il avait raté la hyène, cette hyène qu’elle avait tuée, elle, une femelle.
Toute la reconnaissance qu’il éprouvait envers Ayla pour avoir sauvé le fils de sa compagne s’évanouit d’un seul coup. Je serai bien content quand elle sera morte. Elle mérite d’être maudite. Il ne pouvait supporter l’idée qu’elle vive, sachant qu’elle l’avait vu tremblant de peur comme une femme devant Brun.
Brun lut sur le visage du fils de sa compagne les sombres pensées qui l’agitaient. Dommage, pensa-t-il, qu’il en soit ainsi alors qu’il y avait une chance pour que leur animosité cesse.
— Tu prétends donc, poursuivit-il, avoir commencé à t’entraîner le même jour que Vorn. Raconte-moi comment.
— Après votre départ, j’ai trouvé la fronde que Broud avait jetée. Personne n’avait songé à la ramasser. Alors je me suis demandé si je serais capable de tirer, et j’ai essayé en appliquant les conseils que Zoug avait donnés à Vorn. Au début, j’ai eu beaucoup de mal, et je suis restée à m’entraîner tout l’après-midi, sans voir le temps passer. J’ai réussi à toucher le poteau une fois seulement, et j’ai cru que c’était un hasard. Mais j’ai pensé qu’en persévérant, je pourrais réussir encore, alors j’ai gardé la fronde.
— Et je suppose que c’est grâce à Zoug que tu as pu t’en fabriquer une autre ?
— Oui.
— Et tu t’es entraînée cet été-là ?
— Oui.
— Et ensuite tu as décidé de t’en servir pour chasser, mais pourquoi t’en prendre aux carnassiers ? C’est plus difficile et fort dangereux. Nous avons trouvé des loups et des lynx morts. Tu as donné raison à Zoug qui affirmait qu’on pouvait les tuer à la fronde. Pourquoi les as-tu choisis ?
— Je savais que je ne pourrais jamais rien apporter à la caverne, mais je désirais chasser ou du moins essayer. Comme les carnassiers n’arrêtent pas de nous voler de la viande, j’ai pensé qu’il serait utile de nous en débarrasser. Alors j’ai décidé de les chasser.
Si Brun se sentait satisfait par cette réponse, il ne comprenait toujours pas les motifs qui l’avaient poussée à chasser, à se servir d’une arme, elle, une femme.
— Tu sais que tu aurais pu toucher Brac et non la hyène en tirant d’aussi loin, dit Brun, curieux de connaître sa réaction.
Il s’était lui-même apprêté à lancer ses bolas, malgré le risque de tuer l’enfant avec l’une des grosses pierres. Mais une mort instantanée eût été préférable à celle qui attendait Brac, et au moins auraient-ils pu l’enterrer et permettre à son esprit de rejoindre le monde invisible selon les rites établis.
— Je savais que j’aurais la hyène, répondit calmement Ayla.
— Comment pouvais-tu en être aussi sûre ? La hyène se trouvait hors de portée.
— Pas pour moi, j’ai déjà tué des animaux à cette distance et en règle générale, je ne les ai pas ratés.
— Il me semble avoir vu la marque de deux pierres, ajouta Brun.
— C’est exact, répondit Ayla. J’ai appris à tirer deux pierres à la suite après m’être fait attaquer par un lynx.
— Tu t’es fait attaquer par un lynx ? s’étonna Brun.
— Oui, dit Ayla, et elle raconta l’épisode de son affrontement avec le félin.
— Et à quelle distance tires-tu ? s’enquit Brun. Montre-moi plutôt. Tu as ta fronde ?
Ayla acquiesça et se releva. Tout le monde se dirigea vers un petit ruisseau qui cascadait à l’autre bout de la clairière où la jeune fille choisit soigneusement quelques galets. Les ronds fendaient mieux l’air et donnaient de meilleurs résultats pour les tirs longs.
— Le petit rocher blanc à côté du gros, là-bas, indiqua-t-elle du doigt.
Brun hocha la tête pour donner son accord. La cible se situait près de deux fois plus loin que la portée courante. Ayla prit une profonde inspiration, glissa un caillou dans sa fronde, et tira deux projectiles coup sur coup. Zoug se précipita pour constater le résultat.
— Il y a deux encoches toutes fraîches dans le rocher blanc. Elle l’a bien touché deux fois, annonça-t-il en revenant, non sans une nuance admirative dans ses gestes, et même un soupçon de fierté.
C’était une femme, et elle n’avait pas le droit de toucher à une arme, pensait le vieux chasseur, mais, à en juger par le tir qu’il venait de voir, elle excellait. Et qu’elle eût appris à son insu confirmait en quelque sorte la valeur de son enseignement. Cette technique à deux pierres, se dit-il, voilà une chose que j’aimerais bien essayer. La fierté de Zoug était celle d’un maître envers un élève dont l’excellence rejaillit sur le maître lui-même. Par ailleurs, elle avait prouvé qu’il avait toujours dit vrai en ce qui concernait les possibilités de la fronde. Ayla redonnait à cette arme toute la noblesse qu’elle méritait.
Brun surprit du coin de l’œil un mouvement dans l’herbe au bout de la clairière.
— Ayla ! Le lapin, là-bas ! s’écria-t-il en désignant le petit animal qui fuyait.
Avec une rapidité déconcertante, Ayla repéra le lapin, ajusta son tir, et abattit l’animal. Point n’était besoin d’aller vérifier. Elle est vive, pensa-t-il en regardant la fillette avec admiration. Tout en sachant les convenances bafouées, le chef ne pouvait s’empêcher de songer à la prospérité de son clan et aux multiples bienfaits que lui apporterait la présence d’un chasseur supplémentaire. Non, c’est impensable, conclut-il après réflexion, c’est aller à l’encontre des traditions.
Creb ne voyait pas la démonstration avec les yeux d’un chasseur. Il n’était désormais convaincu que d’une seule chose : Ayla avait chassé.
— Pourquoi as-tu ramassé cette fronde la première fois ? demanda-t-il en la foudroyant du regard.
— Je n’en sais rien, répondit-elle en baissant les yeux, désespérée par la colère sourde du sorcier.
— Non contente de la toucher, tu as chassé avec, tu as tué des animaux avec, tout en sachant que tu n’en avais pas le droit.
— Mon totem m’a envoyé un signe, Creb, ou du moins j’ai cru que c’en était un, répondit Ayla en dénouant son amulette. Voilà ce que j’ai trouvé après avoir décidé de chasser, ajouta-t-elle en tendant le fossile à Mog-ur.
Un signe ? Son totem lui aurait envoyé un signe ? Les hommes tressaillirent. La révélation d’Ayla donnait à la situation une nouvelle dimension. Mais la question demeurait : pourquoi avait-elle décidé de chasser ?
Le sorcier examina la pierre avec intérêt. En effet, il s’agissait d’un caillou très étrange, évoquant par sa forme un coquillage marin, mais de toute évidence il s’agissait bien d’une pierre. Y avait-elle vu un encouragement à utiliser une fronde, l’arme qui lançait des pierres ? Mog-ur ne pouvait répondre à cette question. L’interprétation des signes envoyés par un totem à celui ou celle qu’il protégeait concernait exclusivement la personne et son totem. Mog-ur rendit le fossile à la fillette.
— Creb, ajouta-t-elle pour tenter de le convaincre, j’ai cru que mon totem voulait m’éprouver, et que cette épreuve consistait à endurer les mauvais traitements de Broud. Je me suis dit qu’il me laisserait chasser si je parvenais à les subir sans me plaindre.
Des regards interrogateurs se tournèrent vers le jeune homme qui semblait très mal à l’aise.
— Le jour où le lynx m’a attaquée, poursuivit Ayla, j’ai cru qu’il s’agissait d’une nouvelle épreuve. Après cela, j’ai failli arrêter de chasser pour toujours. Puis, j’ai eu l’idée de m’entraîner avec deux pierres, pour plus de sécurité. J’ai même cru que cette idée venait aussi de mon totem.
— Oui, je vois, répondit le sorcier. Brun, j’aimerais que l’on me laisse un peu de temps pour réfléchir à tout cela.
— Je crois que nous ferions bien d’y réfléchir tous, déclara le chef. Nous nous réunirons demain matin pour en discuter, sans la fille.
— Je ne vois pas la nécessité de réfléchir indéfiniment, rétorqua Broud. Nous savons tous le châtiment qu’elle mérite.
— Ce châtiment pourrait se révéler néfaste pour tout le clan, Broud. Avant de la condamner, je dois m’assurer que nous avons bien considéré tous les aspects du problème. Nous nous retrouverons demain.
Les hommes s’entretinrent entre eux en revenant à la caverne.
— Je n’ai jamais entendu parler d’une femme qui voulait chasser, dit Droog. Est-ce que son totem n’en serait pas la cause ? C’est un totem mâle.
— Je ne me suis pas permis de discuter le jugement de Mog-ur, quand il a annoncé son totem, dit Zoug, mais je me suis dit alors qu’un Lion des Cavernes, tout de même, c’était beaucoup pour une petite fille, même si les cicatrices sur sa cuisse sont sans aucun doute la marque d’un lion. Mais aujourd’hui, après l’avoir vue tirer à la fronde, ça ne m’étonne plus. Mog-ur avait raison... comme toujours.
— Est-ce qu’elle ne serait pas moitié homme, moitié femme ? avança Crug. Il y en a qui le pensent.
— C’est vrai qu’elle ne se comporte pas comme une femme doit le faire, ajouta Dorv.
— Non, c’est bien une femelle, dit Broud. Et la loi veut qu’on la tue. Tout le monde le sait bien.
— Tu as probablement raison, Broud, dit Crug.
— Même si elle était moitié homme, je n’aime pas l’idée d’une femme qui chasse, dit Dorv, l’air buté. Je n’aime pas non plus l’idée qu’elle fasse partie du clan. Elle est trop différente de nous.
— Tu sais que j’ai toujours eu le même sentiment, Dorv, dit Broud. Je ne sais pas pourquoi Brun veut qu’on en discute encore et encore. Si j’étais le chef, nous en aurions déjà fini avec elle.
— Ce n’est pas une décision à prendre à la va-vite, Broud, dit Grod. Pourquoi se presser ? Nous ne sommes pas à un jour près.
Broud accéléra le pas sans même daigner répondre. Ce vieux Grod, toujours à sermonner, toujours de l’avis de Brun, pensait-il, amer. Brun serait-il incapable de prendre une décision ? A quoi sert de réfléchir ? Décidément, je me demande s’il n’est pas devenu trop vieux pour être encore le chef.












