Le clan de lours des cav.., p.19

  Le clan de l'ours des cavernes, p.19

   part  #1 of  Les Enfants de la Terre Series

Le clan de l'ours des cavernes
Select Voice:
Brian (uk)
Emma (uk)  
Amy (uk)
Eric (us)
Ivy (us)
Joey (us)
Salli (us)  
Justin (us)
Jennifer (us)  
Kimberly (us)  
Kendra (us)
Russell (au)
Nicole (au)



Larger Font   Reset Font Size   Smaller Font  


  Dès l’âge de sept ou huit ans, les petites filles du clan étaient censées posséder tout le savoir pratique des femmes adultes. Peu après, d’ailleurs, la plupart d’entre elles devenaient en âge de s’accoupler. Depuis deux années qu’Iza l’avait recueillie, Ayla avait appris à trouver seule sa nourriture, à la préparer et à la conserver. Elle savait également faire de nombreuses autres choses, et cela aussi bien que les jeunes filles du clan.

  Elle savait dépecer et tailler une peau pour en faire des vêtements, des couvertures et des sacs. Elle était capable de découper dans une seule peau des lanières de largeur régulière. Les cordes qu’elle fabriquait avec les poils, les tendons ou les écorces fibreuses étaient solides et lourdes, ou fines et légères, en fonction des besoins. Elle excellait dans le tressage des paniers, des nattes et des filets. Elle savait également tailler une pierre pour confectionner un coup-de-poing ou un couteau tranchant qui faisait l’admiration de Droog lui-même. Elle pouvait encore creuser des écuelles dans des souches d’arbre et les polir. Elle était capable de faire du feu en faisant tourner vivement entre ses mains la pointe d’une baguette contre une pièce de bois, jusqu’à l’obtention d’un charbon fumant avec lequel elle parvenait à enflammer des brindilles sèches. Et, à la grande surprise de tous, elle assimilait le savoir thérapeutique d’Iza avec une facilité déconcertante. Iza avait raison, songeait Creb, la petite n’a pas besoin de mémoire pour apprendre.

  Ayla était occupée à couper des racines en morceaux pour les faire bouillir dans un récipient suspendu au-dessus du feu. Une fois enlevées les parties moisies, il ne restait plus grand-chose. Le fond de la caverne avait beau être frais et sec, les légumes entreposés n’en pourrissaient pas moins vers la fin de l’hiver. La petite fille commençait à rêver de la saison prochaine. Elle avait remarqué la présence d’un filet d’eau dans la rivière encore gelée, signe qu’elle ne serait pas longue à se libérer de la glace. Il lui tardait de retrouver la saveur des premiers légumes, des bourgeons, de la résine sucrée de l’érable que l’on recueillait pour la faire bouillir dans de grands récipients en peau jusqu’à ce qu’elle se transforme en un épais sirop, conservé dans des pots faits d’écorce de bouleau. Le bouleau lui-même fournissait un sirop, mais moins bon que l’érable.

  Ayla n’était pas la seule à déplorer la longueur de ce pénible hiver, qui confinait le clan à l’intérieur de la caverne. Au lever du jour, le vent du sud avait commencé à souffler, porteur de la douce et tiède odeur de la mer proche. Les longues stalactites qui obstruaient partiellement l’entrée de la grotte commencèrent de fondre. Mais un peu plus tard dans la matinée, la température chuta brusquement, gelant de nouveau les pointes acérées. Néanmoins, chacun avait senti dans cette brise l’approche imminente du printemps.

  Les femmes travaillaient en bavardant, conversant à leur habitude avec leurs mains, à l’aide de gestes brefs et éloquents, sans pour autant interrompre un seul instant leurs tâches. Vers la fin de l’hiver, au moment où venaient à s’épuiser les provisions, elles avaient coutume de mettre en commun leurs réserves et de faire la cuisine ensemble tout en continuant à manger séparément, sauf à l’occasion d’événements particuliers. Les festins étaient plus nombreux en hiver, agréable façon de rompre la monotonie des jours. Le clan avait largement de quoi manger. Entre deux tempêtes de neige, les chasseurs parvenaient à rapporter à la caverne quelque menu gibier ou un vieux daim, dont on aurait d’ailleurs fort bien pu se passer, étant donné l’abondance de viande séchée en réserve. La vieille Aba racontait une histoire aux femmes, dont le goût pour les légendes du clan avait été réveillé par le récit que venait de faire Dorv.

  « ... Mais l’enfant était difforme. Alors, obéissant aux ordres du chef, sa mère l’emporta, la mort dans l’âme, décidée à ne pas le laisser mourir. Elle grimpa dans un arbre et l’attacha aux branches les plus hautes, inaccessibles même aux chats sauvages. Le bébé se mit à pleurer à son départ et eut si faim au cours de la nuit qu’il hurla comme un loup, empêchant tout le monde de dormir. Il brailla jour et nuit, mais tant qu’il pleurait et criait, sa mère le savait vivant.

  Le jour où il devait recevoir un nom, la mère s’empressa de grimper dans l’arbre, très tôt le matin. Et non seulement son fils était encore en vie, mais son infirmité avait disparu ! Il était devenu normal et bien portant. Le chef, qui n’avait pas voulu de l’enfant dans le clan, fut obligé de l’accepter et de lui faire donner un nom. Par la suite, l’enfant devint chef à son tour et il fut toujours reconnaissant à sa mère de lui avoir évité une mort certaine. Il lui remettait une part de ses chasses et ne la battit ni ne la réprimanda jamais, et il la traita toujours avec le plus grand respect, conclut Aba.

  — Quel enfant pourrait survivre sans manger dans les premiers jours après sa naissance ? demanda Oga en jetant un regard sur son robuste petit Brac, qui venait de s’endormir. Et comment a-t-il pu devenir chef si sa mère n’était pas déjà la compagne du chef ?

  Oga était particulièrement fière de son nouveau-né, et Broud plus fier encore que sa compagne ait si rapidement donné naissance à un fils. Brun lui-même se départait quelque peu de sa dignité en contemplant l’enfant qui assurerait la pérennité de la direction du clan.

  — Qui serait le futur chef si tu n’avais pas eu Brac, Oga ? lui demanda Ovra. Et si tu n’avais eu que des filles ? Il se peut fort bien que cette femme ait été l’épouse du second ou bien qu’il soit arrivé malheur au chef...

  Ovra enviait un peu cette femme plus jeune qu’elle-même, qui venait d’avoir un enfant de Broud, alors qu’elle-même attendait encore d’en avoir un de Goov avec lequel elle s’était pourtant unie bien avant Broud et Oga.

  — De toute façon, comment un enfant difforme peut-il devenir soudain normal et en bonne santé ? rétorqua Oga.

  — Je crois que cette histoire a été inventée par une femme qui avait un enfant anormal et souhaitait qu’il en fût autrement, dit Iza.

  — C’est une légende très ancienne, Iza, répliqua Aba, désireuse de défendre son récit. Elle est transmise de génération en génération. Et ce qui se passait il y a bien longtemps ne peut probablement plus se produire aujourd’hui. Comment savoir ?

  — Certaines choses étaient peut-être différentes il y a très longtemps, Aba, mais je pense qu’Oga a raison, dit Iza. Un bébé né difforme ne peut pas devenir subitement normal, et il est peu vraisemblable qu’il puisse survivre tout ce temps sans être alimenté. Mais il est vrai que cette histoire est très ancienne. Qui sait, elle contient peut-être une part de vérité.

  Une fois le repas prêt, Iza prit sa part pour l’emporter au foyer de Creb, Ayla sur ses talons tenant dans ses bras la turbulente petite Uba, qui était très attachée à la fillette. Elle voulait suivre Ayla partout, et celle-ci semblait ne jamais se lasser de l’enfant.

  Le repas terminé, Uba se précipita sur sa mère pour téter, mais se mit bientôt à gigoter et à pleurnicher si bien qu’Iza finit par tendre le bébé à Ayla.

  — Tiens, prends-la et va voir si Aga ou Oga peuvent la nourrir, lui dit-elle entre deux quintes de toux.

  — Tu ne te sens pas bien, Iza ? s’inquiéta Ayla.

  — Je suis beaucoup trop vieille pour pouvoir m’occuper convenablement d’un petit bébé. Je n’ai pas assez de lait. Uba a faim. La dernière fois, c’est Aga qui l’a nourrie. Amène-la donc à Oga, elle a plus de lait qu’il ne lui en faut.

  Iza croisa le regard curieux de Creb mais s’empressa de détourner la tête, tandis qu’Ayla emmenait Uba à Oga, en faisant très attention à sa façon de marcher et en prenant bien soin de garder la tête baissée lorsqu’elle se présenta au foyer de Broud. Elle savait que le moindre écart de conduite lui attirerait la colère du garçon, à qui tout prétexte était bon pour la gronder ou pour la battre ; elle ne voulait surtout pas risquer qu’il lui interdise son foyer au nom de quelque inconvenance. Oga fut heureuse de nourrir l’enfant d’Iza, mais sous la surveillance sourcilleuse de Broud, il n’y eut pas de conversation possible. Une fois Uba rassasiée, Ayla la ramena chez elle et s’assit par terre en la berçant, fredonnant tout doucement pour endormir le bébé. Elle avait depuis longtemps oublié la langue qu’elle parlait en arrivant, mais fredonnait toujours en tenant la fillette dans ses bras.

  — Je ne suis qu’une vieille femme qui s’aigrit, dit Iza à Ayla. J’ai conçu cette enfant trop tard, je n’ai plus de lait, et il est encore trop tôt pour la sevrer. Elle marche à peine, mais je n’ai pas le choix. Demain je t’apprendrai à lui préparer à manger. Je préférerais ne pas avoir à la confier à une autre femme.

  — La confier à une autre femme ! Comment pourrais-tu donner Uba à quelqu’un d’autre ! Uba nous appartient !

  — Ayla, je n’ai nulle envie de la donner à qui que ce soit, mais elle doit manger, et je ne peux plus l’allaiter. Nous ne pouvons pas la faire nourrir à la ronde par les autres femmes. Le bébé d’Oga est encore jeune, c’est pourquoi elle a beaucoup de lait. Mais quand Brac grandira, elle aura moins de lait, expliqua Iza.

  — Si seulement je pouvais la nourrir moi-même !

  — Ayla, je sais que tu es une grande fille mais tu n’es pas encore une femme et tu ne sembles pas prête de le devenir bientôt. Seules les femmes peuvent être mères, et seules les mères ont du lait. Nous allons donc préparer des repas spéciaux pour Uba et voir comment elle réagit. La nourriture pour les bébés doit être préparée de façon particulière. Tout doit être doux sous leurs dents de lait qui ne sont pas assez fortes pour mâcher. Il faudra tout réduire en bouillie, aussi bien la viande que les légumes et les graines. Est-ce qu’il reste encore des glands ?

  — Il en restait encore la dernière fois que je suis allée voir, mais les souris et les écureuils ont dû en grignoter une bonne partie, sans compter ceux qui ont pourri.

  — Prends ce que tu trouveras. Nous en ôterons le moisi, et nous les ajouterons, moulus, à la viande. Elle pourra manger des racines aussi. Heureusement l’hiver tire à sa fin et le printemps va enfin nous permettre de varier les menus !

  Iza était heureuse de constater le sérieux avec lequel Ayla l’écoutait. Plus d’une fois pendant l’hiver elle lui avait été reconnaissante pour son aide empressée. Elle se demandait parfois si Ayla ne lui avait pas été envoyée par les esprits pour servir de seconde mère à cette enfant née un peu tardivement. Mais, outre son âge, sa mauvaise santé épuisait Iza, qui pourtant jamais ne parlait de cette douleur qu’elle ressentait dans la poitrine ni du sang qu’elle crachait après avoir toussé. Elle savait que Creb avait deviné qu’elle était beaucoup plus mal qu’elle ne voulait l’admettre. Comme il vieillit, lui aussi, songea-t-elle en observant le vieux sorcier. La chevelure hirsute du vieil homme était parsemée de fils argentés. L’arthrite, jointe à son infirmité, lui rendait tout déplacement horriblement douloureux. Ses dents usées commençaient à le faire souffrir. Mais Creb, depuis longtemps habitué à la douleur et à la souffrance, s’inquiétait pour Iza. Il ne pouvait s’empêcher de remarquer combien elle avait maigri, les traits tirés et les yeux profondément enfoncés dans les orbites, les bras décharnés et les cheveux grisonnants. Mais c’était sa toux qui le tourmentait le plus. Le vieil homme souhaitait ardemment lui aussi le retour du printemps et de ses douces journées ensoleillées.

  L’hiver libéra enfin la terre de son étreinte glacée et le printemps déversa sur elle des pluies torrentielles. La fonte des neiges dans les montagnes environnantes grossit la rivière et transforma les abords de la cabane en un vaste bourbier. Seules les pierres plates qui en pavaient l’entrée protégeaient la grotte des infiltrations d’eau.

  Mais toute la boue du monde n’aurait pu retenir le clan à l’intérieur de la caverne. Après leur longue réclusion, tous se précipitèrent dehors pour saluer les premiers rayons du soleil et la douce brise marine. Ils n’attendirent pas que la neige eût complètement fondu pour se dégourdir les jambes en pataugeant dans une mélasse glacée qui transperçait leurs chausses malgré la double couche de graisse qui les enduisait. Iza était plus occupée à soigner des rhumes en ces premiers jours de printemps qu’elle ne l’avait été de tout l’hiver.

  Le paisible hiver nonchalant, consacré aux récits de légendes, aux bavardages, à la fabrication des outils et des armes, ainsi qu’à toutes sortes d’activités propres à passer le temps, faisait enfin place à l’agitation affairée du printemps. Les femmes partaient à la recherche des jeunes pousses et des tendres bourgeons, tandis que les hommes s’entraînaient pour la première grande chasse de la saison.

  Uba s’accommodait parfaitement de sa nouvelle alimentation et ne tétait que de temps à autre, par habitude ou pour le plaisir de retrouver la chaleur et la sécurité du sein maternel. Bien que faible encore, Iza toussait moins. Cependant, elle ne s’éloignait guère de la caverne quand elle partait en quête de plantes. Quant à Creb, il reprit ses lentes promenades le long de la rivière, seul ou en compagnie d’Ayla, ravie par le renouveau de la nature.

  Depuis qu’Iza se déplaçait moins, Ayla découvrait le plaisir des longues promenades solitaires où elle se sentait pour la première fois libérée des regards inquisiteurs du clan. Iza s’inquiétait de la savoir seule dans les bois, mais les autres femmes avaient pour tâche de ramasser de quoi manger, et les plantes médicinales ne poussaient pas toujours aux mêmes endroits que les espèces comestibles. De temps à autre Iza accompagnait la fillette, dans le but, surtout, de parfaire son apprentissage de la flore. Bien qu’Ayla portât Uba, ces sorties n’en fatiguaient pas moins la guérisseuse, qui finit par laisser à Ayla le soin de veiller à l’approvisionnement en plantes médicinales.

  La fillette se joignait fréquemment aux autre femmes quand elles partaient en cueillette, mais, dès qu’elle en avait l’occasion, elle s’empressait d’exécuter au plus vite les tâches qui lui incombaient pour filer ensuite seule, dans les bois, d’où elle rapportait non seulement des végétaux qu’elle connaissait mais également d’autres qui lui étaient étrangers.

  Brun ne fit à cela aucune objection directe ; il fallait bien que quelqu’un se charge d’apporter à Iza ce dont elle avait besoin pour préparer ses remèdes. Par ailleurs la maladie d’Iza ne lui avait pas échappé. Mais l’empressement d’Ayla à s’éloigner seule ne lui plaisait aucunement. Ce n’était pas dans les habitudes des femmes du clan. Ayla ne manquait jamais à ses devoirs domestiques, se tenait toujours correctement, et Brun n’avait aucun reproche à lui faire. Il sentait seulement confusément et non sans un certain malaise que le comportement, le caractère et les pensées de la fillette étaient non pas blâmables mais différents, et cela le troublait profondément. Mais que pouvait-il trouver à redire quand il la voyait arriver avec son panier rempli de plantes utiles et bénéfiques au clan ?

  De temps à autre, Ayla ne ramenait pas seulement de la verdure. Sa disposition particulière envers les animaux, qui avait tant frappé le clan, s’était affirmée et imposée à tous au point que personne ne s’étonnait plus de la voir ramener une bête blessée pour la soigner. Le lapin qu’elle avait découvert juste après la naissance d’Uba fut le premier d’une longue série. Elle savait parfaitement mettre les animaux en confiance. Brun, qui ne s’était pas senti le courage de le lui interdire, ne s’éleva qu’une seule fois contre cette habitude saugrenue : le jour où elle revint avec un louveteau. La capacité de tolérance du clan s’arrêtait aux carnivores contre lesquels les chasseurs devaient défendre leurs proies. Il arrivait plus d’une fois qu’une bête traquée, peut-être même blessée, se trouve enfin à portée d’arme pour tomber au dernier moment entre les griffes d’un carnassier plus rapide. Brun ne pouvait pas permettre le sauvetage d’une bête susceptible de voler d’aventure au clan l’une de ses prises.

  Un jour, alors qu’Ayla s’affairait à genoux à déterrer une racine, un lapin à la patte légèrement tordue surgit de sous un buisson et, furtivement, vint lui renifler les pieds. Se gardant de tout geste brusque, elle tendit lentement la main pour caresser l’animal. Es-tu mon lapin-Uba ? Mon bébé lapin ? pensa-t-elle. Tu es devenu grand et fort. Mais ton accident ne t’a-t-il pas appris à te montrer plus prudent ? Tu devrais te méfier des hommes, tu sais, sinon tu risques fort de te retrouver en train de rôtir au-dessus d’un feu, continua-t-elle ainsi en sentant sous ses doigts la douceur du pelage. Soudain, un coup de vent et le bruissement des buissons alertèrent l’animal, qui détala droit devant lui puis exécuta un stupéfiant demi-tour pour bondir dans la direction opposée.

  — Tu cours si vite, je ne vois pas comment on pourrait t’attraper. Comment arrives-tu à faire des demi-tours pareils ? signifia-t-elle en gestes à l’adresse du lapin qui s’était évanoui dans les broussailles.

  Et, comme elle éclatait de rire, elle se fit la remarque que c’était la première fois depuis longtemps qu’elle n’avait pas ri si franchement. Elle avait appris à refouler ses éclats de rire, car le bruit éveillait toujours les regards réprobateurs du clan. Durant sa promenade, ce jour-là, elle trouva plus d’un motif de se laisser aller à rire à gorge déployée.

  — Ayla ! appela Iza un beau matin. Veux-tu aller me chercher de l’écorce de merisier ? Je ne peux pas utiliser celle qui me reste, elle est trop vieille. Il y a un bouquet de merisiers de l’autre côté de la rivière, juste après la clairière. Tu vois où c’est ?

  — Oui, maman, je sais où ils sont, répondit Ayla.

 
Add Fast Bookmark
Load Fast Bookmark
Turn Navi On
Turn Navi On
Turn Navi On
Scroll Up
Turn Navi On
Scroll
Turn Navi On