Le clan de lours des cav.., p.30

  Le clan de l'ours des cavernes, p.30

   part  #1 of  Les Enfants de la Terre Series

Le clan de l'ours des cavernes
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  — Aba et Iza pourraient les surveiller, proposa Crug. Igra ne leur posera aucun problème.

  La plupart des hommes préféraient que leurs compagnes les suivent lors des grandes expéditions afin de ne pas dépendre de la compagne d’un autre pour se faire servir.

  — Je ne sais pas ce qu’il en est pour Ika, intervint Droog, mais je pense qu’Aga ferait mieux de rester au camp cette fois-ci. Elle a trois enfants encore petits.

  — Aga et Ika resteront, décida Brun, ainsi que Vorn. Il n’est pas assez grand pour chasser, et il nous sera d’autant moins utile qu’il rechignera à aider les femmes, surtout en l’absence de sa mère pour le commander. Il aura bien le temps de participer à d’autres chasses au mammouth.

  Mog-ur, qui n’était pas intervenu jusqu’à présent, sentit le moment propice venu.

  — Iza est trop faible pour vous suivre, et elle doit rester pour s’occuper d’Uba, mais il n’y a aucune raison pour qu’Ayla ne vienne pas.

  — Ce n’est même pas une femme, répliqua Broud, et cela pourrait déplaire aux esprits de voir cette étrangère parmi nous.

  — Elle est plus grande qu’une femme et aussi forte, affirma Droog. C’est une bonne travailleuse, habile de ses mains et elle a la faveur des esprits. Souvenez-vous de la caverne. Souvenez-vous d’Ona. Je pense au contraire de toi qu’elle nous portera chance.

  — Droog a raison, conclut Brun. Elle travaille vite et bien. Elle n’a pas d’enfant et possède quelques rudiments du savoir des guérisseuses qui pourront nous être utiles. Ayla viendra avec nous.

  Ayla fut si heureuse d’apprendre qu’elle participerait à la chasse au mammouth qu’elle ne tint plus en place. Elle accabla Iza de questions sur ce qu’elle devait emporter et fit et refit plusieurs fois son panier au cours des jours précédant leur départ.

  — N’emporte pas trop de choses, Ayla. Vous serez lourdement chargés au retour si la chasse a été bonne. Viens, j’ai ici quelque chose pour toi. Je viens juste de le terminer.

  Des larmes de joie montèrent aux yeux d’Ayla en voyant la petite sacoche que lui tendait Iza. Elle avait été confectionnée dans une peau de loutre entière, dont on avait gardé intactes la fourrure, la tête, la queue et les pattes. Iza avait demandé à Zoug de lui tuer l’animal, dont elle avait caché la peau au foyer de Droog en mettant Aga et Aba dans le secret.

  — Une trousse de guérisseuse, rien que pour moi ! s’écria Ayla, et elle sauta au cou d’Iza.

  Elle s’assit aussitôt pour sortir ses petites bourses de remèdes et les aligna comme elle avait vu Iza le faire si souvent. Elle ouvrit chaque petit sac, en huma le contenu, puis le referma en veillant à refaire scrupuleusement le même nœud.

  Il était en effet difficile de distinguer à leur odeur les herbes et les racines séchées, quoique les plus dangereuses fussent souvent mélangées à une herbe inoffensive mais très parfumée pour éviter les méprises. En fait, les bourses étaient classées selon la cordelette qui les fermait et le type de nœud utilisé. Ainsi étaient-elles fermées par différentes tresses faites de crin de cheval, de poils de bison ou de tout animal à la robe possédant une caractéristique, ou encore de tendons ou de ficelles confectionnées dans diverses tiges végétales nouées chacune de manière distinctive. Pour savoir où se trouvait tel ou tel remède, il suffisait donc de mémoriser le type de fermeture correspondante.

  Ayla mit les bourses dans sa sacoche de guérisseuse et rangea celle-ci près de son panier avec les grands sacs destinés à transporter la viande de mammouth. Tout était prêt. Seule une chose la préoccupait encore. Que ferait-elle de sa fronde ? Elle craignait qu’Iza ou Creb la découvre si elle la laissait dans la caverne. Elle pensa la cacher dans les bois, mais y renonça de peur que les animaux et les intempéries viennent à l’abîmer. Elle décida finalement de l’emporter, cachée dans un repli de son vêtement. Il faisait encore nuit lorsque le clan s’éveilla le jour du départ des chasseurs. Ils se mirent en marche dès les premières lueurs, mais après avoir franchi l’escarpement qui protégeait la caverne, ils découvrirent le soleil levant illuminant la plaine de tous ses feux. Ils eurent tôt fait de gagner les steppes, et Brun adopta un pas rapide. Le fardeau des femmes était léger, mais leur manque d’habitude les obligeait à de grands efforts pour suivre le mouvement. Ils marchèrent ainsi jusqu’à la tombée de la nuit, couvrant autant de distance en un jour qu’ils l’avaient fait quand le clan errait en quête d’une nouvelle caverne. Les femmes n’eurent pas à préparer de repas chaud et se contentèrent de faire bouillir de l’eau pour l’infusion d’herbes. On ne chassait pas non plus durant le voyage, se contentant des rations que les chasseurs avaient coutume d’emporter en expédition : de la viande séchée, hachée menu, mélangée à de la graisse, et des fruits secs, le tout présenté sous forme de galettes. Ces aliments hautement nutritifs suffisaient amplement à leurs besoins énergétiques.

  A mesure qu’ils avançaient vers le nord, le froid devenait plus vif, mais, réchauffés par la marche, ils ne s’en apercevaient que lors des étapes. Avec l’entraînement, les courbatures des premiers jours, surtout chez les femmes, disparurent, et la petite troupe repartait chaque matin d’un bon pas.

  Le terrain se fit plus accidenté une fois qu’ils atteignirent la partie nord de la péninsule. De vastes plateaux butaient soudain contre de hautes falaises ou disparaissaient en de profonds ravins, résultats des convulsions qui continuaient encore d’agiter la terre. D’abruptes parois flanquaient d’étroits canyons, dont certains se terminaient en culs-de-sac. D’autres recevaient des cours d’eau allant des ruisseaux saisonniers aux torrents impétueux, aux bords desquels poussait une végétation composée de pins, de bouleaux et de saules rabougris qui brisaient quelque peu la monotonie des étendues herbeuses. En de rares endroits, où quelque contrefort protégeait des vents incessants une vallée arrosée par un cours d’eau, les arbres – des conifères et quelques espèces à petites feuilles caduques – avoisinaient leurs proportions habituelles.

  Le voyage se déroula sans incident particulier. Pendant dix jours, ils avancèrent au même pas, jusqu’à ce que Brun décide d’envoyer des éclaireurs dans les alentours, ce qui ralentit leur progression au cours des jours suivants. Ils approchaient maintenant de leur destination, là où la péninsule s’étrécissait légèrement entre la grande mer et la mer intérieure. Ils ne devraient pas tarder à apercevoir des mammouths, s’il y en avait dans la région.

  La petite troupe fit halte au bord d’une rivière. Brun avait envoyé Broud et Goov en éclaireurs plus tôt dans l’après-midi et il se tenait à l’écart, scrutant l’horizon dans la direction qu’ils avaient prise. Il faudrait bientôt décider s’ils allaient installer leur camp près de cette rivière ou continuer plus loin.

  Brun, son long manteau de fourrure battant au vent coupant qui soufflait de l’est, continua de guetter les deux hommes, tandis que les ombres s’allongeaient insensiblement. Soudain, il eut l’impression d’apercevoir au loin un mouvement, et un instant plus tard il distingua la silhouette des deux chasseurs en train de courir. Peut-être s’agissait-il d’une intuition, peut-être était-ce la manière dont il percevait leur course, mais lorsqu’ils arrivèrent en agitant les bras, Brun connaissait déjà la nouvelle qu’ils apportaient.

  — Mammouth ! Mammouth ! criaient les éclaireurs hors d’haleine en se précipitant vers leurs compagnons.

  — Un grand troupeau vers l’est ! s’exclama Broud avec de grands gestes.

  — A quelle distance ? demanda Brun.

  — A quelques heures, indiqua Goov en décrivant avec son bras un court arc de cercle.

  — Montrez-nous le chemin, dit Brun en faisant signe aux autres de se mettre en route.

  Ils avaient encore le temps de se rapprocher du troupeau avant la nuit.

  Le soleil déclinait à l’horizon lorsque les chasseurs aperçurent au loin une masse sombre en mouvement. C’est un grand troupeau, estima Brun en ordonnant la halte. Il leur faudrait se contenter de l’eau qu’ils avaient emportée du campement précédent car il faisait trop sombre pour se mettre en quête d’une rivière. Au matin, ils chercheraient un site plus hospitalier. L’important était d’avoir découvert les mammouths.

  Le lendemain, après avoir établi le camp près d’un petit ruisseau serpentant entre deux haies de maigres buissons, Brun partit avec les chasseurs pour reconnaître les lieux. Il fallait élaborer une stratégie pour prendre au piège les lourds pachydermes. Brun et ses hommes explorèrent les ravins et les canyons des alentours, à la recherche d’une gorge ou d’un défilé bordé de rochers, se terminant de préférence en cul-de-sac, point trop éloigné du troupeau qui se déplaçait lentement.

  A l’aube du second jour, Oga se présenta devant Brun, la tête baissée, tandis qu’Ovra et Ayla attendaient, inquiètes, derrière elle, l’issue de sa requête.

  — Que veux-tu, Oga ? demanda Brun en lui tapant sur l’épaule.

  — La femme qui est devant toi a une requête à te présenter, commença-t-elle avec hésitation.

  — Oui ?

  — La femme qui est devant toi n’a jamais vu de mammouth. Ovra et Ayla non plus. Le chef nous permettrait-il d’approcher le troupeau ?

  — Et Ebra et Uka, est-ce qu’elles veulent elles aussi voir un mammouth ?

  — Elles disent qu’elles verront assez de mammouth comme ça avant qu’on reparte. Elles n’ont pas envie de venir avec nous, répondit Oga.

  — Ce sont des femmes sages, mais il est vrai qu’elles ont déjà vu des mammouths. Nous sommes sous le vent ; cela ne devrait pas affecter le troupeau si vous ne vous approchez pas trop.

  — Nous ferons attention, promit Oga.

  — Je crois que quand vous les aurez vus, vous n’aurez aucune envie de vous avancer trop près. Oui, vous pouvez y aller, décida-t-il.

  Cela ne poserait pas de problème de laisser les jeunes femmes satisfaire leur curiosité, pensa-t-il. Elles avaient peu d’occupations pour le moment, et elles auraient bientôt tant à faire... si les esprits étaient avec eux.

  Les trois jeunes femmes étaient tout excitées à l’idée de cette aventure. C’était Ayla qui avait convaincu Oga de formuler la demande. L’expédition leur avait fourni l’occasion de mieux se connaître ; Ovra, de nature calme et réservée, avait toujours considéré Ayla comme une enfant. Quant à Oga, elle n’avait pas encouragé leurs relations, connaissant les sentiments de Broud à l’égard de la jeune fille. Elles étaient adultes, vivaient en couple, possédaient un foyer, alors qu’Ayla était encore une enfant qui n’avait pas les mêmes responsabilités.

  Ce n’était que depuis cet été-là que les femmes avaient commencé de considérer Ayla autrement que comme une enfant. Sa grande taille lui donnait l’apparence d’une adulte, et les chasseurs la traitaient d’ailleurs comme si elle était une femme. Crug et Droog particulièrement faisaient appel à ses services, car leurs compagnes étaient restées à la caverne, et la disponibilité d’Ayla leur évitait de demander aux autres chasseurs l’aide de leurs compagnes. Leur participation commune à la chasse avait créé entre les trois jeunes femmes des rapports plus amicaux. Ayla, qui n’avait jusqu’alors vraiment connu qu’Iza, Creb et Uba, découvrait avec bonheur la chaleur de l’amitié entre femmes.

  Elles se mirent aussitôt en route comme pour une promenade, tout occupées par une conversation animée. Mais à l’approche des animaux, elles parlèrent de moins en moins, pour peu à peu se taire tout à fait, bouche bée devant les imposants mastodontes.

  Les mammouths étaient des animaux parfaitement adaptés aux rudes conditions climatiques de leur environnement. Leur peau épaisse était couverte d’une fourrure dense et de longs poils brun-roux hirsutes. Ils étaient en outre protégés contre le froid par une épaisse couche de graisse. Leur énorme tête disproportionnée s’élevait en un dôme pointu entre les épaules massives, et ils avaient de petites oreilles, une queue courte et une trompe de modeste dimension, terminée par deux appendices préhenseurs placés l’un au-dessus de l’autre. De profil, ils présentaient un creux profond à la hauteur de la nuque, entre leur tête pointue et une grosse bosse de graisse située sur le garrot. Leur échine suivait une courbe rapide jusqu’à leurs pattes arrière, légèrement plus courtes. Mais le plus impressionnant était encore leurs longues défenses recourbées.

  — Regardez celui-là ! s’écria Oga en désignant un vieux mâle, dont les défenses étaient enroulées sur elles-mêmes.

  Le mammouth arrachait des touffes d’herbe avec sa trompe, et enfournait dans sa gueule le fourrage sec avant de le broyer dans un crissement de molaires. Un animal plus jeune, dont les défenses plus courtes conservaient leur efficacité, déracina un mélèze et entreprit d’arracher les branchages et l’écorce.

  — Je n’aurais jamais cru qu’il puisse exister des animaux aussi grands, s’exclama Ovra. Comment vont-ils s’y prendre pour en tuer un ? Ils ne pourront même pas le tuer avec leurs épieux.

  — Je ne sais pas, répondit Oga, tout aussi inquiète.

  — Je regrette d’être venue, déclara Ovra. La chasse sera dangereuse. Il y aura peut-être des blessés. Que deviendrais-je s’il arrivait quelque chose à Goov ?

  — Brun a sans doute un plan, dit Ayla, sinon il n’aurait pas entrepris cette chasse. J’aimerais bien assister à ce qui va se passer, ajouta-t-elle avec regret.

  — Pas moi, dit Oga. Je serai bien contente quand tout sera terminé.

  — Il faut rentrer à présent, dit Ovra. Brun ne veut pas que nous approchions et nous sommes déjà beaucoup trop près pour mon goût.

  Les trois jeunes femmes rebroussèrent chemin. Ayla se retourna plusieurs fois tandis qu’elles pressaient le pas, perdues dans leurs pensées.

  Le lendemain, Brun ordonna aux femmes de lever le camp après le départ des chasseurs. Il avait découvert un endroit qui lui semblait propice : la chasse aurait lieu le jour suivant, et il désirait que les femmes se tiennent à l’écart du danger. Il avait repéré la veille le canyon qui lui convenait, mais il se trouvait trop éloigné du troupeau. A présent, les mammouths, en se déplaçant vers le sud-ouest, s’étaient avancés assez près pour rendre utilisable cette configuration du terrain, ce qu’il interpréta comme un présage des plus favorables.

  Une neige légère et poudreuse balayée par les vents d’est accueillit la petite troupe quand elle s’extirpa au petit matin de ses abris de peaux. Mais ni le froid ni le ciel gris n’auraient pu faire obstacle à l’impatience des chasseurs : aujourd’hui ils allaient traquer le mammouth. Les femmes s’empressèrent de faire des infusions, car les chasseurs, tels des athlètes affûtés pour les jeux, n’absorberaient rien d’autre. En attendant que l’eau frémisse dans les écuelles de bois, ils entreprirent de s’échauffer, feignant de lancer leurs épieux afin d’assouplir leurs muscles engourdis par le sommeil. L’air était chargé d’une grande excitation.

  Grod prit un charbon ardent dans le feu et le plaça dans la corne d’aurochs qu’il portait à la ceinture. Goov en fit autant. Ils troquèrent leurs épaisses fourrures contre de plus légères qui n’entraveraient pas leurs mouvements. Ils n’auraient pas froid une fois dans le feu de l’action. Brun exposa une dernière fois rapidement le plan d’attaque.

  Chaque homme ferma les yeux en portant la main à son amulette, puis s’empara d’une torche éteinte confectionnée la veille au soir, et on se mit en route. Ayla les regarda partir en regrettant de ne pouvoir les accompagner, puis elle se joignit aux femmes qui ramassaient des herbes sèches, de la bouse et des branchages pour le feu.

  Les hommes arrivèrent vite à proximité du troupeau. Les mammouths s’étaient déjà remis en marche après le repos de la nuit. Les chasseurs se tapirent dans l’herbe haute tandis que Brun examinait les animaux. Il remarqua le vieux mâle aux gigantesques défenses recourbées. Quel trophée cela ferait, se dit-il en éliminant néanmoins cette proie éventuelle dont les défenses constitueraient un fardeau excessif au cours de leur long voyage de retour. Il leur serait plus facile de transporter celles d’un animal plus jeune, dont la chair en outre serait plus tendre. Et cela importait plus que la gloire d’un beau trophée.

  Les jeunes mâles étaient cependant plus dangereux. Leurs défenses, plus courtes, ne leur servaient pas seulement à déraciner les arbres : elles représentaient aussi des armes redoutables. Brun attendit patiemment. Il n’avait pas préparé aussi minutieusement cette chasse et entrepris ce long voyage pour agir avec précipitation au dernier moment. Il connaissait les conditions qui devaient se trouver réunies et préférait revenir le lendemain plutôt que de compromettre leurs chances de réussite. Les autres chasseurs attendaient, non sans impatience.

  Le soleil avait fini par réchauffer le plafond bas, et les nuages s’éloignaient. La neige avait cessé, cédant la place à de belles éclaircies.

  — Quand va-t-il se décider à donner le signal ? signifia silencieusement Broud à Goov. Regarde comme le soleil est déjà haut à présent. Pourquoi partir de si bonne heure pour rester ensuite à ne rien faire ? Mais qu’est-ce qu’il attend ?

  Grod surprit les gestes de Broud.

  — Brun attend le moment propice. Préférerais-tu rentrer les mains vides ? Sois patient, Broud, et apprends. Un jour, c’est toi qui devras choisir le moment opportun. Brun est un bon chasseur. Tu as de la chance de l’avoir pour maître.

  Broud n’apprécia guère le sermon de Grod. Il ne sera pas mon second le jour où je serai chef, décida-t-il. De toute façon, il commence à se faire vieux.

  Le soleil était haut dans le ciel quand Brun prévint enfin ses hommes de se tenir prêts et tous les chasseurs ressentirent un violent émoi. Une femelle, grosse d’un petit, se tenait à l’écart du troupeau. Son état en ferait assurément une proie plus facile ; quant au fœtus, sa chair délicate et tendre constituerait un régal pour tous.

  La bête se dirigeait vers une belle touffe d’herbe, s’éloignant de ses congénères. Lorsqu’elle se trouva suffisamment isolée, Brun donna le signal de la chasse. Grod porta alors la braise à la torche qu’il tenait prête, et souffla dessus jusqu’à ce qu’elle s’enflamme. Droog en alluma deux autres à la première et en tendit une à Brun. Aussitôt Grod et Brun se précipitèrent vers le mammouth et mirent le feu aux herbes sèches de la prairie.

 
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