Le clan de lours des cav.., p.41

  Le clan de l'ours des cavernes, p.41

   part  #1 of  Les Enfants de la Terre Series

Le clan de l'ours des cavernes
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  — Ne t’en va pas, Ayla, s’écria la fillette. Maman, tu ne vas pas la laisser partir !

  — Je n’en ai pas envie, Uba, mais je ne peux pas laisser mourir mon bébé, lui dit Ayla.

  — Et pourquoi ne le déposes-tu pas au sommet d’un arbre, comme dans l’histoire d’Aba ? S’il survit pendant sept jours, Brun sera obligé de l’accepter, proposa Uba.

  — L’histoire d’Aba est une légende, Uba, expliqua Iza. Aucun bébé ne pourrait résister au froid sans rien manger.

  Mais Ayla n’écoutait plus, une idée venait de germer dans son esprit.

  — Maman, une partie de la légende est vraie, dit-elle enfin.

  — Que veux-tu dire ?

  — Si mon enfant est encore vivant au bout de sept jours, Brun sera obligé de l’accepter, n’est-ce pas ?

  — Que vas-tu imaginer, Ayla ? Tu n’espères tout de même pas le retrouver vivant au bout de sept jours, si tu le laisses dehors sans nourriture ? Tu sais bien que c’est impossible.

  — Je ne vais pas le laisser dehors, je vais l’emmener. Je connais un endroit où l’abriter. Je peux très bien y aller avec mon fils et ne revenir que le jour de la cérémonie. Brun devra alors lui donner un nom et me le laisser.

  — Non ! Ayla, ne fais pas ça ! Ce serait aller à l’encontre des traditions du clan, et Brun serait furieux. Il te cherchera et finira bien par te trouver et te reconduire à la caverne. Non, ce n’est pas bien, lui reprocha Iza, fort agitée.

  Jamais Iza ne s’était permis de transgresser la moindre règle, et la seule idée de s’y risquer lui coupait les jambes. Le projet d’Ayla constituait à lui seul une manifestation de révolte à laquelle elle n’aurait jamais songé et qu’elle pouvait encore moins approuver. Mais elle savait combien Ayla tenait à cet enfant et son cœur se serrait en pensant à tout ce qu’elle avait enduré pour le mener à terme et lui donner le jour. Elle a raison, pensa-t-elle en regardant le nouveau-né. Il est difforme, mais aussi fort et en bonne santé. Creb est né infirme, et pourtant cela ne l’a pas empêché de devenir Mog-ur. La pauvre, c’est son premier bébé. Si elle avait un compagnon, il se pourrait qu’il le laisse vivre.

  Iza songea un instant à s’en ouvrir à Creb ou à Brun, comme elle aurait normalement dû le faire, mais elle ne put s’y résoudre. Elle déposa quelques pierres chaudes dans un bol d’eau pour faire une infusion d’ergot. Ayla dormait, le bébé dans ses bras, quand Iza lui présenta le breuvage.

  — Bois ça, Ayla, dit-elle. J’ai enveloppé le placenta et l’ai mis là-bas, dans le coin. Tu peux te reposer cette nuit, mais il faudra t’en débarrasser demain avec l’enfant. Brun est déjà au courant, Ebra lui a tout dit. Il préférerait ne pas avoir à examiner le bébé et t’ordonner de t’en défaire. Il s’attend plutôt à ce que tu le fasses disparaître en même temps que la preuve de sa naissance.

  Par ces propos, Iza venait de lui apprendre le temps qui lui restait pour mettre son projet à exécution.

  Ayla demeura éveillée un long moment après le départ de la guérisseuse en réfléchissant à tout ce qu’il lui faudrait emporter dans sa fuite : une couverture pour dormir, des peaux de lapin pour le bébé, quelques bandes de cuir, sa fronde et des couteaux, et aussi de quoi manger et l’outre d’eau.

  Le lendemain matin, Iza prépara de la nourriture en abondance. Creb, qui était rentré tard la veille, évita toute conversation avec Ayla, faute de savoir que lui dire.

  Le vieux sorcier pensait que le totem de la jeune femme était trop puissant, qu’il ne s’était jamais avoué vaincu, ce qui expliquait ces pertes de sang pendant sa grossesse, ainsi que la malformation du bébé. Quelle pitié, se disait-il, elle voulait tellement cet enfant.

  — Mais Iza, il y a là de quoi nourrir tout le clan ! remarqua-t-il. Nous ne pourrons jamais manger tout ça.

  — C’est pour Ayla, répondit Iza en baissant la tête précipitamment. Iza a le cœur maternel, pensa le vieil homme. Mais Ayla a effectivement grand besoin de reprendre des forces. Elle mettra du temps avant de se remettre complètement. Je me demande si elle pourra jamais avoir un enfant normal.

  Quand Ayla se leva, elle sentit la tête lui tourner et un flot de sang chaud couler. Elle avait le plus grand mal à faire un pas. A se voir si faible, elle eut un instant de panique. Seule sa farouche détermination à sauver son enfant la poussa à poursuivre son projet.

  Il tombait une pluie fine quand elle quitta la caverne. Elle avait rangé une partie de ses affaires au fond de son panier, en les cachant sous le paquet à l’odeur forte de placenta, et elle dissimula le reste sous la grande fourrure dans laquelle elle s’était enveloppée, après avoir installé son bébé sur sa poitrine, dans une peau suspendue à son cou. Si elle se sentit légèrement mieux en pénétrant dans les bois, la nausée persistait. Arrivée au plus profond de la forêt, elle entreprit de creuser un trou, avec la plus grande difficulté tant elle était faible, où elle enterra le paquet contenant le délivre ainsi qu’Iza lui avait appris à le faire, sans oublier les signes symboliques. Puis elle regarda son fils, profondément endormi, et décida que personne ne le mettrait jamais dans un trou comme celui qu’elle venait de creuser. Elle commença alors sa pénible ascension vers les hauts pâturages, sans s’apercevoir que quelqu’un la suivait.

  A peine avait-elle quitté la caverne qu’Uba s’était glissée derrière elle. Connaissant l’état de faiblesse d’Ayla, elle craignait qu’elle ne s’évanouisse et qu’attirée par l’odeur du sang quelque bête féroce ne trouve en elle une proie facile. La petite fille avait perdu sa trace dans la forêt, mais elle la retrouva en la voyant gravir le sentier escarpé.

  Ayla s’appuyait sur son bâton à fouir pour marcher et s’arrêtait souvent, luttant contre la nausée. Elle sentait le sang couler le long de ses jambes, et se prit à regretter le temps où elle pouvait gravir la colline sans le moindre essoufflement. Aujourd’hui, sa prairie lui paraissait infiniment loin. Au bord de l’évanouissement, elle se forçait à poursuivre son chemin, bien décidée à avancer tant qu’il lui resterait un soupçon de force et animée par une seule idée : gagner sa grotte.

  Vers la fin de l’après-midi, quand le bébé se mit à pleurer, il lui sembla entendre ses cris à travers un épais brouillard. Elle ne s’arrêta pas pour lui donner le sein mais continua son ascension.

  Uba suivait à distance, de peur qu’Ayla ne s’aperçoive de sa présence. Elle ignorait qu’Ayla ne marchait plus qu’à l’aveuglette depuis un moment. La tête lui tournait quand elle déboucha enfin sur le pré. Elle banda ses dernières forces pour avancer encore, écarter les branches masquant sa retraite et se laisser choir sur la peau de daim qu’elle avait laissée là lors de son dernier séjour. Elle ne se souvint pas d’avoir offert son sein au bébé en pleurs avant que, totalement épuisée, elle perde connaissance.

  Si Uba n’était pas arrivée à hauteur de la prairie au moment même où Ayla se faufilait dans la faille, elle aurait pu croire que la jeune femme s’était évanouie dans les airs, tant les branchages enchevêtrés des noisetiers dissimulaient parfaitement l’entrée de la grotte. La fillette se dépêcha de regagner la caverne où elle avait laissé Iza dans l’ignorance de son dessein. Sa course l’avait entraînée beaucoup plus loin qu’elle ne l’imaginait, et elle craignait de se faire réprimander en arrivant. Mais Iza ne s’inquiétait aucunement. Elle avait vu sa fille s’élancer sur les traces d’Ayla et deviné ses intentions, sans pour autant chercher à en avoir le cœur net.

  20

  — Ne devrait-elle pas être rentrée, Iza ? s’inquiéta Creb qui avait passé tout l’après-midi à guetter le retour d’Ayla.

  Iza hocha nerveusement la tête, sans lever les yeux du quartier de viande qu’elle était en train de débiter en morceaux.

  — Aïe ! s’écria-t-elle soudain en se coupant avec l’instrument tranchant.

  Creb leva les yeux, non seulement surpris par la maladresse mais aussi par son cri. Iza était si habile à manier les outils acérés qu’il ne se rappelait pas l’avoir jamais vue se blesser.

  — Je viens de parler à Brun, Iza, déclara-t-il. Il ne croit pas nécessaire de commencer les recherches dès à présent. Personne ne doit savoir où une femme a décidé de... enfin où elle est allée. Mais par ailleurs elle est si faible qu’il se peut qu’elle se soit évanouie quelque part sous la pluie. Tu devrais aller la chercher, Iza, c’est toi la guérisseuse. Elle n’a pas dû aller bien loin. Et ne t’inquiète pas pour le dîner, je peux attendre encore un peu. Vas-y avant qu’il fasse nuit noire.

  — Je ne peux pas, répondit Iza en suçant son doigt blessé.

  — Comment tu ne peux pas ? s’étonna Creb.

  Le vieux sorcier était perplexe. Pourquoi Iza ne veut-elle pas partir à sa recherche ? D’ailleurs, pourquoi ne l’a-t-elle pas déjà fait ? Et puis je la trouve bien nerveuse.

  — Non, je ne pourrai pas la trouver.

  — Comment peux-tu le savoir, tu n’as même pas commencé à la chercher ?

  — Ça ne servirait à rien, je ne pourrais pas la trouver.

  — Et pourquoi donc ? insista Creb.

  — Parce qu’elle se cache, avoua la femme dont le regard reflétait l’angoisse et la peur.

  — Elle se cache ! Mais de quoi se cache-t-elle ?

  — De tout le monde. De Brun, de toi, de moi, de tous, répondit Iza.

  Devant les réponses énigmatiques de sa sœur, Creb ne savait que penser.

  — Iza, tu ferais mieux de m’expliquer pourquoi elle se cache ainsi de nous tous, et plus particulièrement de toi.

  — Elle désire garder le bébé, Creb, déclara Iza précipitamment. Je lui ai bien dit que c’est le devoir d’une mère de se débarrasser d’un enfant anormal, mais elle n’a rien voulu entendre. Tu sais combien elle désirait ce petit. Elle m’a dit qu’elle allait se cacher avec lui jusqu’au jour de la Cérémonie du Nom. Alors, Brun sera obligé de l’accepter.

  Creb ne fut pas long à comprendre toutes les implications de la fuite d’Ayla.

  — Oui, Brun sera obligé d’accepter son fils dans le clan, Iza, mais il la condamnera pour sa désobéissance, et cette fois pour toujours. Tu sais bien que les hommes ne tolèrent pas de se voir contraints par une femme. Brun ne transigera pas, de peur que ses hommes cessent de le respecter. De toute façon, il va perdre la face. Et dire que le Rassemblement du Clan aura lieu l’été prochain ! Il ne pourra jamais faire front aux accusations des autres clans, et le nôtre sera ridiculisé à cause d’Ayla, répliqua le sorcier avec colère. Comment une telle idée a-t-elle pu lui traverser la tête ?

  — C’est dans l’une des histoires d’Aba, celle où une mère dépose son enfant anormal au faîte d’un arbre, répondit Iza, désespérée de ne pas s’être montrée plus ferme envers Ayla.

  — Des histoires de bonnes femmes, oui ! s’exclama Creb sur un ton méprisant. Aba aurait dû s’abstenir de mettre de telles sottises dans la tête d’une jeune fille.

  — Aba n’est pas la seule responsable, Creb, tu l’es également.

  — Moi ? Quand lui aurais-je raconté de pareilles sornettes ?

  — Tu n’en as pas eu besoin. Tu es né infirme et on t’a néanmoins laissé vivre. Aujourd’hui tu es Mog-ur.

  La révélation ébranla fortement le vieux sorcier manchot et boiteux.

  Il connaissait le concours de circonstances qui l’avait soustrait à la mort à sa naissance. Seule la chance avait préservé l’homme qui était aujourd’hui le plus grand mog-ur de tous les clans réunis. La mère de sa mère lui avait dit qu’il devait sa vie à un pur miracle. Ayla avait-elle imaginé semblable miracle pour son fils ? Elle se trompait. Jamais elle ne réussirait à convaincre Brun de donner une chance à son fils.

  — Et toi, Iza, tu n’as donc rien tenté pour la dissuader ?

  — J’ai fait tout ce que j’ai pu. Je lui ai proposé de la débarrasser moi-même de l’enfant, mais elle ne m’a pas laissée m’en approcher. Oh, Creb, elle a tellement souffert pour le mettre au monde !

  — Alors, ainsi, tu l’as laissée partir en espérant que son projet réussirait ! Et pourquoi ne pas en avoir parlé à Brun ou à moi ?

  Iza se contenta de secouer la tête d’un air accablé.

  Creb a raison, pensait-elle. Maintenant, la mort n’attend pas seulement le bébé d’Ayla, mais Ayla elle-même.

  — Où est-elle allée ? demanda Creb d’un geste impératif.

  — Je n’en sais rien. Elle m’a parlé d’une petite grotte dans la montagne.

  Le sorcier lui tourna abruptement le dos et se dirigea vers le foyer du chef.

  Les cris du nouveau-né finirent par tirer Ayla de sa torpeur. La nuit était tombée et la petite grotte était froide et humide. La jeune fille alla soulager sa vessie au fond de la faille et grimaça de douleur au feu provoqué par le liquide ammoniaqué sur ses chairs à vif et déchirées. Elle fouilla à tâtons dans son panier pour trouver de quoi changer son enfant ainsi qu’une bande de peau absorbante pour elle-même. Après s’être désaltérée, elle l’enveloppa dans la fourrure et donna le sein à son petit. Quand elle s’éveilla pour la seconde fois, les rayons du soleil filtraient à travers le réseau de branchages, illuminant la caverne. Elle se restaura un peu pendant que son bébé tétait.

  Revigorée par le sommeil et le repas, Ayla, son enfant dans ses bras, songea à tout ce qu’elle devrait faire. Ramasser du bois, pour commencer, et trouver de quoi manger, car ce qu’elle avait ne durerait pas longtemps. La luzerne devait pousser dans les parages ; elle lui échaufferait le sang. Il devait y avoir du trèfle ; de la vesce, et elle pourrait recueillir de la sève de bouleau ; l’érable aurait été préférable mais il ne poussait pas à cette altitude. Enfin, elle trouverait bien de la bardane, du pas-d’âne et des pissenlits. Et il y avait assez d’écureuils, de castors et de lapins dans le coin pour qu’elle ne manque pas de viande.

  Elle songea aux plaisirs du printemps, aux cueillettes et aux chasses qu’elle pourrait entreprendre d’ici peu, mais en se levant elle se sentit désemparée à la vue du sang qui lui souillait les jambes en même temps qu’elle éprouvait un léger vertige.

  Quand la tête cessa de lui tourner, elle décida d’aller se laver et, par la même occasion, de ramasser du bois. Elle se demanda que faire du bébé. En règle générale, les femmes du clan ne laissaient jamais leur enfant sans surveillance, mais il lui fallait se laver et également remplir son outre d’eau, et elle pourrait rapporter davantage de bois.

  Elle jeta un coup d’œil hors de la grotte avant d’en sortir et d’en obstruer l’entrée avec le rideau de branchages des noisetiers. Le sol était détrempé ; les abords du ruisseau, une mare de boue glissante. Frissonnant de froid dans le vent d’est, Ayla se déshabilla et entra dans l’eau glacée pour se rincer et nettoyer ses vêtements. Puis, renfilant ses fourrures humides, elle se dirigea vers les bois qui entouraient la prairie et se mit en devoir d’arracher les branches mortes au bas d’un sapin. Elle fut aussitôt prise d’un vertige, les jambes lui manquèrent et elle dut se retenir au tronc de l’arbre pour ne pas tomber. Il lui fallait pour le moment abandonner toute idée de chasser ou même de ramasser du bois. Sa grossesse difficile, son accouchement éprouvant, sa récente escalade avaient eu raison de ses dernières forces.

  Le bébé criait quand elle regagna la caverne. Le froid, l’humidité et la disparition du contact rassurant de sa mère l’avaient réveillé. Elle le prit dans ses bras, et c’est alors qu’elle se souvint d’avoir oublié l’outre près du ruisseau. Elle avait absolument besoin d’eau. Elle reposa son enfant et ressortit, de la grotte. Il commençait à pleuvoir. Quand elle revint enfin, elle se laissa tomber par terre et eut à peine la force de tirer la lourde couverture sur leurs deux corps blottis l’un contre l’autre avant de sombrer dans un sommeil lourd.

  — Je vous l’ai toujours dit qu’elle était insolente, têtue ! s’exclama Broud, qui triomphait. S’est-il trouvé quelqu’un pour me croire ? Non, personne ! Vous avez tous pris son parti, vous lui avez trouvé des excuses, vous l’avez laissée agir à sa guise et même autorisée à chasser, sous prétexte qu’elle possède un totem puissant. Qu’importe, les femmes n’ont pas le droit de chasser ! Le Lion des Cavernes ne l’y a jamais incitée, ce n’était qu’une provocation ! Voyez ce qui arrive quand on est trop faible avec les femmes ! Quand on leur laisse trop de liberté ! Maintenant, elle s’imagine qu’elle pourra obliger le clan à accepter son fils anormal. Mais cette fois, personne ne pourra lui trouver de bonnes excuses. Elle a délibérément bafoué les coutumes du clan et c’est impardonnable !

  Broud jubilait de pouvoir lancer à la face de chacun son « Je vous l’avais bien dit ! » et il retournait le couteau dans la plaie avec une satisfaction qui impatientait Brun. Ce dernier se trouvait dans une mauvaise posture, mais le fils de sa compagne ne lui facilitait pas la tâche.

  — Tu viens de marquer un point, Broud, admit-il. Il est inutile d’insister davantage. Je m’occuperai d’elle à son retour. Personne ne m’a jamais impunément obligé à agir contre ma propre volonté. Quand nous poursuivrons les recherches demain matin, je propose que nous allions là où nous n’avons pas l’habitude de nous rendre. Iza a mentionné l’existence d’une petite grotte. L’un de nous en a-t-il vu dans les environs ? Ce doit être près d’ici car elle était trop faible pour aller bien loin. Malgré la pluie, on découvrira peut-être l’une de ses empreintes. Peu importe le temps que cela nous prendra, mais je veux qu’on la retrouve.

  Iza attendait anxieusement la fin de la discussion entre Brun et les hommes. Prenant son courage à deux mains, elle avait décidé de lui demander un entretien et, quand elle vit que la réunion était terminée, elle se présenta au foyer du chef et s’assit à ses pieds, les yeux baissés.

  — Que veux-tu, Iza ? lui demanda Brun après lui avoir tapé sur l’épaule.

  — La femme indigne qui se tient devant toi désire te parler, commença Iza.

 
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