Le clan de lours des cav.., p.20

  Le clan de l'ours des cavernes, p.20

   part  #1 of  Les Enfants de la Terre Series

Le clan de l'ours des cavernes
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C’était une superbe matinée de printemps. Les derniers crocus blancs et mauves étaient blottis auprès des premières jonquilles. Un léger tapis d’herbe tendre et bien verte commençait à croître dans le sol humide. De minuscules points verdoyants parsemaient çà et là les branches nues des buissons et des arbres, premiers bourgeons s’ouvrant à la vie. Un timide soleil dispensait ses encouragements au renouveau de la nature.

  Dès qu’elle eut disparu aux regards du clan, Ayla retrouva sa liberté d’allure, heureuse de ne plus avoir à surveiller sa démarche et sa conduite. Elle descendit une pente, en remonta une autre, un sourire de contentement aux lèvres, s’amusant à répertorier les plantes qu’elle rencontrait au passage.

  Il y avait de nouveaux pieds de ces baies violettes de phytolacca[6] qu’elle avait cueillies à l’automne précédent. J’arracherai quelques racines au retour, se dit-elle. Iza prétend que les racines sont bonnes pour les rhumatismes de Creb. J’espère que l’écorce de merisier fera du bien à Iza. Elle semble aller mieux mais elle a tellement maigri. Et elle devrait arrêter de porter Uba, qui est devenue si lourde. Si c’est possible, j’emmènerai Uba avec moi la prochaine fois. Elle commence à s’exprimer. Il me tarde qu’elle grandisse et que nous puissions nous promener ensemble. Oh, comme ces saules blancs paraissent veloutés quand ils sont jeunes ; curieux qu’ils verdissent en grandissant. Et le ciel est si bleu, aujourd’hui. Le vent apporte des odeurs marines. Quand irons-nous pêcher ? Les eaux ont dû suffisamment se réchauffer pour que je puisse me baigner. Je suis étonnée que personne au clan n’aime nager. La mer a un goût salé, mais je flotte si bien dedans. J’espère que nous irons très bientôt à la pêche ; j’adore le poisson et les fruits de mer et aussi les œufs qu’on trouve dans les falaises. Tiens ! un écureuil ! Comme j’aimerais grimper dans un arbre comme il le fait !

  Elle musarda ainsi dans les collines boisées une bonne partie de la matinée puis, s’étant soudain aperçue de l’heure tardive, elle décida de regagner directement la clairière aux merisiers. Comme elle s’en approchait, elle perçut des bruits de voix et entrevit à travers les arbres la silhouette des hommes se livrant à quelque activité. Elle s’apprêtait à faire demi-tour quand elle se rappela l’écorce de merisier, et un instant elle hésita. Les hommes ne seraient pas contents de me surprendre dans le coin, pensa-t-elle. Brun ne manquerait pas de me réprimander, mais Iza a besoin de son écorce. Peut-être qu’ils ne tarderont pas à rentrer. Je me demande ce qu’ils sont en train de faire, tout de même. Elle s’avança à pas de loup et se cacha derrière le large tronc d’un grand arbre pour observer à travers les buissons enchevêtrés ce qui se passait.

  Les hommes s’entraînaient au lancer en prévision de la prochaine chasse. Ayla se rappela les avoir vus confectionner de nouvelles lances. Ils avaient commencé par abattre de jeunes arbres aux troncs minces, souples et bien droits, dont ils avaient élagué toutes les branches ; puis ils en avaient durci au feu l’extrémité, pour ensuite les tailler en pointe et les aiguiser à l’aide d’un grattoir en silex. Ayla frémissait encore au souvenir de la réprobation générale qu’elle avait provoquée en osant toucher l’un de ces épieux.

  Il était strictement interdit aux femmes de toucher les armes, lui apprit-on ce jour-là, ainsi que les outils utilisés pour leur fabrication. Ayla ne voyait pourtant aucune différence entre un couteau servant à couper le cuir destiné à confectionner une fronde et celui servant à tailler un vêtement. La lance que sa main avait souillée fut brûlée, pour la plus grande irritation du chasseur qui l’avait fabriquée. Creb et Iza l’avaient soumise par gestes à une longue réprimande dans le but d’ancrer dans sa conscience l’abomination de son acte. Les femmes étaient consternées devant une telle audace ; quant à Brun, son regard noir en disait long sur sa réprobation. Mais ce fut le malin plaisir que prit Broud à la voir accablée de reproches qui ulcéra particulièrement Ayla.

  La fillette observait, mal à l’aise, la scène qui se déroulait derrière l’écran de broussailles. Outre leurs lances, les hommes avaient emporté leurs autres armes. A l’exception de Dorv, de Grod et de Crug en grande discussion sur les mérites comparés de la lance et de la massue, la plupart des hommes s’entraînaient à la fronde. Vorn se trouvait parmi eux depuis que Brun l’avait estimé en âge d’apprendre le maniement de cette arme, sous la conduite de Zoug.

  Zoug montrait à Vorn comment tenir ensemble les deux extrémités de la bande de cuir et comment placer le caillou. Il avait préféré utiliser une fronde passablement usée dont il avait raccourci les deux bouts pour l’adapter à la petite taille de son élève.

  Ayla, tout attentive, se sentit rapidement captivée par la leçon de Zoug, et elle suivit avec autant d’intérêt que le jeune garçon les explications du vieil homme. Au premier essai de Vorn, la fronde s’emmêla et le caillou tomba à ses pieds. Le garçon semblait avoir le plus grand mal à donner le coup de poignet indispensable pour faire tournoyer la fronde et lui donner ainsi la force nécessaire à la projection violente du caillou.

  Légèrement à l’écart, Broud observait Vorn. Le garçon lui vouait une véritable adoration. C’était Broud qui lui avait fabriqué sa première lance, dont il ne se séparait jamais, même pour dormir, et qui lui avait appris à s’en servir en le traitant d’égal à égal. Or, voilà qu’à présent Vorn reportait son admiration sur le vieux chasseur, au grand dépit de Broud. Après que Vorn eut échoué plusieurs fois, Broud interrompit la leçon.

  — Attends, Vorn, je vais te montrer comment il faut s’y prendre, déclara Broud en écartant du coude le vieil homme.

  Zoug recula, foudroyant du regard l’arrogant jeune homme. Chacun, médusé, se figea. Brun était furieux de l’insolence de Broud envers le meilleur tireur à la fronde du clan. C’était la raison pour laquelle il avait confié au vieil homme le soin d’initier Vorn à cette discipline. Le jeune garçon devait recevoir le meilleur enseignement, et Broud savait que la fronde n’était pas son arme favorite. Broud devait apprendre qu’un bon chef utilisait au mieux le talent de chaque homme. Zoug était non seulement le plus apte à former Vorn mais encore avait-il le temps de le faire pendant que les autres chasseurs étaient en expédition. Broud commence à se montrer un peu trop prétentieux et arrogant sous prétexte qu’un jour il sera chef, se dit-il.

  Broud prit la fronde des mains de l’enfant, ramassa un caillou, le plaça au creux du cuir, et tira aussitôt. Il visa trop court et le caillou tomba bien avant d’avoir atteint la cible. A la fois furieux et vexé d’avoir manqué son coup, Broud prit une autre pierre et la lança précipitamment pour bien montrer toute sa dextérité au maniement de la fronde. Il sentait tous les regards braqués sur lui. La fronde était plus courte que celle à laquelle il était habitué ; la pierre partit beaucoup trop à gauche et atterrit aussi loin du but que la première fois.

  — As-tu toujours l’intention de faire une démonstration à Vorn ou bien préfères-tu prendre toi-même quelques leçons à sa place, Broud ? lui demanda ironiquement Zoug. Je peux rapprocher la cible, si tu veux.

  Broud s’efforça de garder son sang-froid, furieux de se voir tourné en ridicule et d’avoir encore raté son objectif. Il lança une autre pierre, mais cette fois-ci l’envoya trop loin.

  — Si tu veux bien attendre que j’en aie terminé avec Vorn, je me ferai un plaisir de te donner une leçon à toi aussi, insista Zoug, sarcastique. Tu en aurais besoin à ce que je vois.

  — Comment Vorn peut-il apprendre à tirer avec cette fronde pourrie ? lança Broud en jetant l’arme par terre d’un air dégoûté. Personne ne pourrait tirer convenablement avec ça. Vorn, je vais te fabriquer une nouvelle fronde. Tu n’apprendras jamais rien avec une vieillerie pareille appartenant à un vieillard qui n’est même plus capable de chasser !

  Alors Zoug se mit réellement en colère. Il avait été longtemps second avant de céder la place au fils de sa compagne et il se sentait profondément blessé dans son orgueil par la remarque insolente de Broud. Par ailleurs, tout chasseur souffrait dans sa fierté de ne plus avoir la force d’accompagner les jeunes hommes aux grandes chasses dans les steppes. Enfin Zoug, qui avait à cœur d’être utile au clan, s’était durement entraîné au tir à la fronde pour devenir le fin tireur qu’il était et un honnête pourvoyeur de petit gibier.

  — Mieux vaut être un vieillard qu’un gamin qui se prend pour un homme, répliqua Zoug.

  L’affront infligé à sa virilité était plus que Broud n’en pouvait supporter. Hors de lui, incapable de se contrôler davantage, il bouscula violemment le vieil homme. Surpris, Zoug perdit l’équilibre et tomba lourdement à la renverse, regardant autour de lui d’un air stupéfait. Ce geste était bien la dernière chose à laquelle il se serait attendu.

  Dans le clan, les chasseurs ne s’agressaient jamais physiquement ; ce traitement était réservé aux femmes, incapables de comprendre des remontrances exprimées de manière plus subtile. L’énergie bouillonnante des jeunes gens se dépensait lors de tournois de lutte, de concours de lancer de l’épieu ou encore dans les compétitions de tir à la fronde et aux bolas à l’occasion desquels ils en profitaient pour perfectionner leur adresse à la chasse. Broud, presque aussi surpris que Zoug par sa propre audace et mesurant la gravité de son geste, se détourna, rouge de honte.

  — Broud !

  Tel un grondement rauque, le nom sortit de la bouche de Brun. Broud leva la tête craintivement. Jamais de sa vie il n’avait vu Brun dans une telle colère. Le chef s’approcha de lui d’un pas lourd et décidé et, en quelques gestes rapides et précis, se mit en devoir de le tancer vertement.

  — Cette manifestation de mauvaise humeur on ne peut plus puérile est impardonnable ! Si tu ne te trouvais déjà au dernier rang des chasseurs, je t’y aurais relégué sur-le-champ. Qui t’a demandé de te mêler de la leçon de Vorn ? T’ai-je chargé de son entraînement ? (Les yeux du chef étincelaient de fureur.) Et tu te prétends chasseur, alors que tu ne peux même pas te comporter comme un homme ! Vorn sait mieux se contrôler que toi. Une femme a plus de discipline que toi. Est-ce ainsi que tu entends mener tes hommes le jour où tu seras chef ? Si tu es incapable de bien te conduire toi-même, comment peux-tu prétendre conduire le clan un jour ? Zoug a raison, tu n’es qu’un gamin qui se prend pour un homme.

  Broud était mortifié. Jamais il n’avait subi de réprimande aussi sévère, et qui plus est, devant les chasseurs et devant Vorn. Jamais il ne parviendrait à faire oublier cette scène humiliante. Il aurait préféré affronter un lion des cavernes plutôt que d’encourir la colère de Brun. Et de la colère, Brun en manifestait d’autant plus rarement que l’harmonie régnait dans le clan, auquel il donnait un exemple de dignité, de sagesse et de rigueur personnelle. Jamais Brun n’avait à élever la voix ; il savait se faire obéir d’un seul regard appuyé. Broud, tout honteux, baissa humblement la tête.

  Après avoir jeté un coup d’œil en direction du soleil, Brun donna le signal du départ. Témoins gênés d’une semonce aussi sévère, les autres chasseurs se sentirent soulagés de partir et se mirent à leur place derrière leur chef qui prit à vive allure le chemin de la caverne. Le visage encore cramoisi, Broud terminait la marche.

  Ayla s’aplatit sur le sol, sans bouger, sans même oser respirer, paralysée de peur à l’idée que les hommes viennent à la découvrir. Elle savait qu’elle avait assisté à une scène qu’aucune femme n’avait le droit de surprendre. Broud n’aurait jamais été réprimandé de la sorte devant une femme. Quels que fussent les reproches qu’ils avaient à se faire, les hommes restaient fraternellement solidaires les uns des autres face à la gent féminine. Mais cette algarade avait fait découvrir à la petite fille tout un aspect de la vie des hommes qu’elle n’avait jamais envisagé. Ils n’étaient donc pas des êtres tout-puissants et jouissant de l’impunité, ainsi qu’elle l’avait toujours cru. Ils étaient eux aussi obligés d’obéir à des ordres et pouvaient également se faire réprimander. Seul Brun semblait au-dessus de toute loi et de tout homme. Ayla ne pouvait s’imaginer combien Brun, plus que quiconque, se trouvait soumis à de lourdes contraintes : celles des us et coutumes du clan et celles, imprévisibles, que lui imposaient les esprits mystérieux et son propre sens des responsabilités.

  Ayla resta cachée longtemps après le départ des hommes, redoutant leur retour à tout instant. Et c’est toute tremblante qu’elle osa enfin sortir des buissons. Si elle n’était pas encore réellement à même de mesurer toutes les conséquences de sa nouvelle perception des hommes, une chose au moins était claire : elle avait vu Broud aussi soumis qu’une femme, et cela lui avait procuré un vrai plaisir, car elle en était venue peu à peu à détester l’arrogant jeune homme qui ne manquait jamais de l’admonester durement et de la frapper pour de prétendus manquements à la discipline dont elle ne se sentait pas coupable. Elle avait beau accourir à ses ordres et accomplir tout ce qu’il lui commandait, jamais il n’était satisfait d’elle.

  Ayla traversait la clairière en songeant encore à l’incident quand elle aperçut à ses pieds la fronde que Broud avait jetée dans sa rage. Personne n’avait pensé à la ramasser avant de partir. Elle la contempla sans oser la toucher. C’était une arme, et elle avait bien trop peur de Brun pour commettre une faute qui lui attirerait sa terrible colère. Il lui revint en mémoire le début de la scène, quand les hommes étaient rassemblés autour de Zoug qui prodiguait à Vorn ses conseils, et la difficulté du petit garçon à tirer. Est-ce vraiment si difficile ? se demanda-t-elle. Si Zoug me montrait comment faire, serais-je capable de tirer ?

  Ayla pâlit devant la témérité de ses propres pensées, jetant autour d’elle des regards inquiets pour s’assurer qu’elle était bien seule. Puis elle se baissa pour ramasser la fronde. A peine eut-elle en main l’arme au cuir souple et usé qu’elle prit conscience du châtiment qui l’attendait si elle venait à être surprise. Elle revit Broud essayer de toucher le poteau, la grimace moqueuse de Zoug comme le présomptueux manquait sa cible, et une lueur espiègle s’alluma dans ses yeux.

  Comme Broud enragerait s’il me savait capable de réussir là où il échoue ! Elle aurait aimé le battre à toutes les disciplines. Mais l’ombre de Brun la retenait encore. Brun serait furieux, pensa-t-elle. Et Creb ne serait pas content de moi. Et Broud me battrait, c’est certain. Il tiendrait enfin un bon prétexte pour le faire. Il serait fou de rage s’il savait que je l’ai vu baisser la tête comme une femme. De toute façon, le mal est fait, j’ai touché à une arme. Mon crime serait-il plus grand si je l’essayais ? Déchirée entre son désir d’essayer la fronde et la crainte du châtiment, Ayla était sur le point de la jeter quand ses regards se posèrent sur la pile de cailloux. La tentation était trop forte. Elle s’assura une fois encore qu’elle était bien seule et se dirigea vers le monticule de galets ronds.

  Ayla en ramassa un, en s’efforçant de se rappeler les instructions de Zoug. Elle prit les deux extrémités de la fronde qu’elle tint fermement ensemble. La bande de cuir pendait tristement. Ayla ne savait comment faire pour placer le caillou dans la légère poche réservée à cet effet. Elle se sentait horriblement maladroite et, plusieurs fois de suite, la pierre tomba à peine eut-elle esquissé un geste. Elle se concentra intensément sur ce qu’elle faisait en essayant de se remémorer la démonstration du vieil homme. Elle fit une nouvelle tentative qui faillit réussir, mais le caillou roula par terre encore une fois. Au coup suivant, elle réussit à projeter le galet quelques pas plus loin. Après plusieurs essais malheureux, elle parvint à lancer une seconde pierre. Elle renouvela ses tentatives jusqu’au moment où son projectile fila droit vers la cible, mais bien au-dessus. Ayla avait attrapé le coup de main. Les essais suivants révélèrent de nouveaux progrès. Enfin, elle lança son dernier caillou. Il toucha le poteau avec un bruit mat et rebondit tandis qu’Ayla sautait de joie.

  Elle avait fini par y arriver ! C’était un pur hasard, un coup de chance extraordinaire, mais cela n’entama pas son enthousiasme. Elle voulut rééditer son exploit, mais elle tira trop court. Peu importe, elle avait réussi une fois, et elle était persuadée de réussir encore.

  Elle s’apprêtait à reconstituer sa pile de galets quand elle s’aperçut que le soleil était déjà proche de l’horizon. Elle s’empressa de fourrer la fronde dans les replis de son vêtement, se précipita vers les merisiers dont elle arracha l’écorce à l’aide d’une pierre tranchante, puis courut vers la caverne aussi vite qu’elle put, ne s’arrêtant qu’aux abords de la mare pour reprendre le maintien réservé aux femmes. Elle ne tenait aucunement à donner de nouveau prétexte à une éventuelle semonce. Son retour tardif suffisait amplement.

  — Ayla ! cria Iza en la voyant. Où étais-tu donc passée ? J’étais affreusement inquiète, je pensais qu’un animal t’avait attaquée. J’allais demander à Creb d’envoyer Brun à ta recherche.

  — J’ai passé la journée à regarder ce qui poussait par ici et du côté de la clairière aussi, répondit Ayla d’un air coupable. Je n’ai pas vu le temps passer. Je t’ai apporté de l’écorce de merisier, J’ai trouvé aussi les plantes dont tu te sers pour les rhumatismes de Creb. Tu n’utilises que les racines, n’est-ce pas ?

  — Oui, tu les fais d’abord macérer et tu appliques la décoction sur les points douloureux. Quant au jus de baies écrasées, il est très bon contre les inflammations, répondit machinalement la guérisseuse qui s’interrompit brusquement. Ayla, reprit-elle, reprenant une expression sévère, tu essayes de détourner la conversation. Tu sais que tu aurais dû rentrer plus tôt. Je me suis fait un tel souci...

  A présent qu’elle savait l’enfant saine et sauve, la colère d’Iza était tombée, mais elle tenait à ce que ce genre d’escapade ne se reproduise plus.

  — Je ne recommencerai plus, Iza. Je ne me suis pas aperçue qu’il était tard, c’est tout.

  A peine était-elle entrée dans la caverne qu’Uba, qui avait passé la journée à guetter son retour, courut maladroitement sur ses petites jambes arquées et, dans sa précipitation, trébucha. Mais Ayla la saisit avant qu’elle ne heurte le sol et la souleva dans ses bras.

 
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